Québec en toutes lettres est un nouveau festival littéraire qui vient d'achever sa deuxième édition. Cet événement à lieu à l'automne, dans la ville de Québec, faisant contrepoids au Salon du Livre de Québec qui se tient au printemps et interrompant la longue année qui se déroulait sans autre événement littéraire.
Chapeauté par l'Institut Canadien de Québec - qui mène aussi le splendide projet de la Maison de la littérature -, ce festival se distingue par sa présence dans des lieux multiples. Bien sûr, les bibliothèques sont à l'honneur, mais des activités ont aussi lieu dans des cafés, des parcs et autres endroits.
Jusqu'à présent, le festival centre ses thématiques sur un auteur-phare, duquel découle tous les sujets abordés. Si la première année faisait honneur à Jorge Luis Borges, la seconde avait choisi Réjean Ducharme comme point de ralliement.
Pour 2012, le choix est fait, l'appel de projets est lancé. La thématique: Isaac Asimov et la science-fiction.
En tant que lectrice et scribouillarde de science-fiction, je suis très enthousiaste face à ce choix et je vous invite, amiEs et amateurs de science-fiction, à y jeter un oeil.
Certains d'entre vous ont-ils assisté aux éditions précédentes de ce Festival? Qu'en avez-vous retiré? Est-ce un événement auquel vous nous suggéreriez de participer?
Avec le Congrès Boréal qui sera de retour à Québec au printemps 2012, la Vieille Capitale sera toute science-fiction en 2012. Je regrette presque d'avoir quitté son giron :P
16 nov. 2011
3 nov. 2011
Lectures d'entre deux mondes
Lectures d'automne. Lectures entre deux mondes, entre l'Halloween et la fête des mondes. Lectures de novembre, grises et pluvieuses, à vous donner des frissons dans le dos.
Je ne suis pas une grande lectrice d'horreur.
J'en suis la première victime car j'ai tendance à tout mettre dans le même sac, ainsi qu'à poser l'étiquette de l'horreur sur des oeuvres qui tiennent plus du fantastique.
Alors je me suis lancée, en cette période d'Halloween, dans les classiques de l'horreur fantastique. J'ai lu Carmina de LeFanu, ce livre de vampires avant Dracula. Maintenant, j'entame un deuxième livre de H.P. Lovecraft.
Je vous en redonne des nouvelles.
Je ne suis pas une grande lectrice d'horreur.
J'en suis la première victime car j'ai tendance à tout mettre dans le même sac, ainsi qu'à poser l'étiquette de l'horreur sur des oeuvres qui tiennent plus du fantastique.
Alors je me suis lancée, en cette période d'Halloween, dans les classiques de l'horreur fantastique. J'ai lu Carmina de LeFanu, ce livre de vampires avant Dracula. Maintenant, j'entame un deuxième livre de H.P. Lovecraft.
Je vous en redonne des nouvelles.
16 oct. 2011
Publication!!!
Cette semaine, à mon retour du travail, j'ai eu l'agréable surprise de voir dépasser une grosse enveloppe orange de ma boîte à lettres. Palpitations. Dès que je l'ai saisie, j'ai regardé l'adresse de retour. Il n'y avait plus de doute, mes copies étaient arrivées.
Copies de quoi??
Du dernier numéro de Solaris. Celui dans lequel paraît ma nouvelle, Le Substitut, qui m'a mérité le prix Solaris 2011.
Alors courez chez votre libraire du coin! (je préférerais des libraires à chaque coin de rue plutôt que des dépanneurs)
Pour vous encourager, sachez que je partage le sommaire de ce numéro avec les écrivains suivants: Alain Bergeron, Yves Meynard, Hugues Morin, Mario Tessier et Élisabeth Vonarburg.
Je me sens un peu petite au milieu de la cour des grands.
Et j'ai le sourire fendu jusqu'aux oreilles!
Copies de quoi??
Du dernier numéro de Solaris. Celui dans lequel paraît ma nouvelle, Le Substitut, qui m'a mérité le prix Solaris 2011.
Alors courez chez votre libraire du coin! (je préférerais des libraires à chaque coin de rue plutôt que des dépanneurs)
Pour vous encourager, sachez que je partage le sommaire de ce numéro avec les écrivains suivants: Alain Bergeron, Yves Meynard, Hugues Morin, Mario Tessier et Élisabeth Vonarburg.
Je me sens un peu petite au milieu de la cour des grands.
Et j'ai le sourire fendu jusqu'aux oreilles!
9 oct. 2011
Déblocage
Depuis que je suis retournée au travail, voilà - déjà! - cinq semaines, je n'avais pas encore réussi à me donner le temps d'écrire. Puis, enfin, avec la régularisation de mon horaire de travail, j'ai pu m'y remettre... pour me retrouver complètement bloquée.
J'avais délaissé mon histoire au moment charnière qu'est la fin d'un chapitre. Allez hop, non seulement fallait-il se replonger dans le bain, mais faire face au début de chapitre. Je ne sais pas pour vous, mais pour mois, début de chapitre ou de nouvelle ou de livre, ça revient quasiment au même: cette première phrase. Je savais où je voulais aller, j'avais mon plan de chapitre d'élaborer (oui, je travaille avec un plan maintenant, ça m'a pris du temps avant de comprendre quand faire le plan dans mon processus, mais j'y suis), je savais ce que je voulais dire, avec des bouts de phrases que je trouvais mignons. Le problème: comment introduire ces phrases en devenir, les coordonner, les unifier?
Et ce haut de page qui n'en finissait plus d'être blanc.
Face à ce drame d'envergure, mon conjoint, qui ne partageait pas l'ampleur de la situation, a simplement écrit un "Bonjour" dans le haut de cette page maudite. Voilà, le début était écrit. Un début sans lien avec le reste, qui pouvait être effacé, mais qui a eu un effet dédramatisant. Non, je ne réussirais probablement pas à écrire mes premières phrases comme je le voudrais, mais au pire, je les effacerais ou les retravaillerais. L'important, c'était de redémarrer, de se remettre dans le bain.
208 mots ont été écrits.
Le lendemain, bloquée de nouveau, j'ai décidé de griffonner le début d'une autre histoire qui me trottait dans la tête. Sur du papier, pour profiter de la belle journée. Ce jour-là, je crois bien que c'était l'idée de rester enfermée qui me rendait amère et improductive.
Sur les blocages, il y a ce billet d'io9 (en anglais, désolée) qui, s'il n'énonce pas des solutions novatrices, a l'originalité d'aborder le sujet non pas comme un seul énorme problème, mais comme un nom générique, symptôme de différentes situations. Selon la situation, la solution changera.
http://io9.com/5844988/the-10-types-of-writers-block-and-how-to-overcome-them
Bon, en faire une liste en dix points étaient peut-être exagéré, mais cela donne de la perspective et des nuances à ce passe-partout qu'est le syndrome de la page blanche.
J'avais délaissé mon histoire au moment charnière qu'est la fin d'un chapitre. Allez hop, non seulement fallait-il se replonger dans le bain, mais faire face au début de chapitre. Je ne sais pas pour vous, mais pour mois, début de chapitre ou de nouvelle ou de livre, ça revient quasiment au même: cette première phrase. Je savais où je voulais aller, j'avais mon plan de chapitre d'élaborer (oui, je travaille avec un plan maintenant, ça m'a pris du temps avant de comprendre quand faire le plan dans mon processus, mais j'y suis), je savais ce que je voulais dire, avec des bouts de phrases que je trouvais mignons. Le problème: comment introduire ces phrases en devenir, les coordonner, les unifier?
Et ce haut de page qui n'en finissait plus d'être blanc.
Face à ce drame d'envergure, mon conjoint, qui ne partageait pas l'ampleur de la situation, a simplement écrit un "Bonjour" dans le haut de cette page maudite. Voilà, le début était écrit. Un début sans lien avec le reste, qui pouvait être effacé, mais qui a eu un effet dédramatisant. Non, je ne réussirais probablement pas à écrire mes premières phrases comme je le voudrais, mais au pire, je les effacerais ou les retravaillerais. L'important, c'était de redémarrer, de se remettre dans le bain.
208 mots ont été écrits.
Le lendemain, bloquée de nouveau, j'ai décidé de griffonner le début d'une autre histoire qui me trottait dans la tête. Sur du papier, pour profiter de la belle journée. Ce jour-là, je crois bien que c'était l'idée de rester enfermée qui me rendait amère et improductive.
Sur les blocages, il y a ce billet d'io9 (en anglais, désolée) qui, s'il n'énonce pas des solutions novatrices, a l'originalité d'aborder le sujet non pas comme un seul énorme problème, mais comme un nom générique, symptôme de différentes situations. Selon la situation, la solution changera.
http://io9.com/5844988/the-10-types-of-writers-block-and-how-to-overcome-them
Bon, en faire une liste en dix points étaient peut-être exagéré, mais cela donne de la perspective et des nuances à ce passe-partout qu'est le syndrome de la page blanche.
17 sept. 2011
Solaris 179 - Été 2011
J'ai terminé ma lecture du numéro 179 de Solaris.
Pour tout vous avouer, c'est la première fois que je tente de faire un résumé critique d'une revue et de nouvelles.
D'abord,
notons que deux des neufs fictions de ce numéro, celui d'Élisabeth
Vonarburg et un des deux textes de Pascale Raud, ont été composés
pendant l'exercice d'écriture sur place du Congrès Boréal 2011. La
thématique de l'envol a donné lieu chez ces auteures à deux textes
réflexifs empreints d'un certain fatalisme. Pour Envol de
Vonarburg, nous assistons aux derniers instants d'un astronaute dont
l'issue de sa mission a toujours été la mort. Cependant, des
complications lui ont fait rater son objectif, le Soleil, et sur son
retour, de nouvelles avaries l'empêchent de se poser sur la Terre. Tout
en douceur, c'est un texte sur les rêves, l'ambition, le bonheur. Ni hier, ni aujourd'hui
de Raud aborde le thème de la liberté sur fond de monde
post-apocalyptique, où humains et oiseaux meurent sans raison apparente,
sans avertissement. Les petits détails nous ébauchent un protagoniste
sensible, dont l'espoir ne tient qu'à un fil, rompu en fin de texte. Un
beau texte dont les répétitions du titre agacent un peu, mais
rappelons-nous qu'il s'agit d'un texte pondu en un cours laps de temps,
sans possibilité de révision! Ces deux histoires sont douces et
agréables à lire tout en apportant un élément de réflexion.
La pire histoire de Frédéric
Raymond m'a attrapée et je l'ai lue, cette pire histoire, en la
savourant. Si j'ai eu une petite difficulté, en début de texte, à
comprendre la relation entre Jeffrey et cette maison du Bas-St-Laurent
(maison d'enfance, ancestrale, d'été?), j'ai par contre suivi sans
problème les allers-retours entre le présent et les flashbacks, en autre
grâce à l'opposition des saisons. J'ai embarqué dans cette étrange
relation entre Jeffrey et Sarah. On sait que sa destinée fut tragique,
mais on veut savoir en quoi elle a consisté. La réponse nous surprend,
mais encore plus la véritable fin. J'ai aimé du début à la fin.
Une bonne idée
de Pascale Raud m'a laissée perplexe. Le protagoniste, qui choisit de
demeurer simple spectateur face au carnage qu'effectue une bête à
l'origine inconnue, n'est pas très sympathique, ni antipathique. Il
m'est indifférent, tout comme il est lui-même indifférent au sort des
autres, il ne sort pas de sa bulle, de sa zone de confort. L'histoire
nous offre une métaphore de repli sur soi et sa cellule familiale
directe, de perte du sentiment de communauté. Son goût est amer. La
qualité de l'écriture, quant à elle, est excellente.
J'avais déjà lu une version préliminaire de Le scalpel
de Louis Auger. Il s'agit de l'histoire touchante d'un garçon qui perd
sa mère, et dont l'élément fantastique est à la frontière de la poésie.
Cependant, quelques descriptions, utilisations de mots m'ont dérangées
et l'apparition du père, à la fin, est un peu gâchée, je trouve par la
première phrase qu'il dit, que je continue de trouver incongrue. Mais
ces très peu nombreux accrocs ne suffisent pas à entacher la qualité de
ce texte qui traite d'un sujet délicat avec originalité.
Dans Tharsis de Prune Mateo,
un homme s'exile sur une planète éloignée pour pouvoir continuer à
exercer sa profession. Les habitants ont comme étrange coutume de devoir
converser avec leurs voisins de pallier à tous les matins, mais l'homme
ne comprend pas très bien les règles qui régissent ces échanges,
jusqu'à ce qu'il rencontre sa voisine en-dehors de ces conditions. Ce
rituel sert à détecter si les gens sont atteints d'un curieux mal qui
leur fait perdre leur sens du temps. Le noeud de l'intrigue est très
intéressant et original, mais je trouve qu'il est mal amené, car il
semble entouré d'un tabou. Le protagoniste, nouvel arrivant, n'est pas
du tout informé de ce rituel - qui est plus qu'une coutume, mais semble
une obligation quasi légale - ce qui lui enlève de son importance, on ne
sent pas la pression et on comprend mal la voisine. L'action de la fin
est bien menée, mais c'est principalement dans l'exposition,
l'explication du monde, qu'il y a lacune.
Dans Mon journal durant la drôle de crise 2,
de Jean-Pierre Laigle, nous retrouvons les réflexions du vieil écrivain
de la première partie, publiée deux numéros plus tôt, qui a survécu à
ses ennuis de santé. Les commentaires sur la vie de tous les jours et
les causes des tracas quotidiens nous dépeignent un monde miné par les
actions présentes et caractérisent le personnage principal, perspicace
et blasé. Par contre, lorsque le protagoniste récite l'évolution des
différentes situations politiques, je décroche. L'effet est trop
"catalogue", mais les projections sont intéressantes.
Scène de crime d'Yves-Daniel
Crouzet nous emmène sur les lieux d'un crime sanglant, horrible, où le
corps a été projeté partout en une multitude de particules. Lopez, le
commissaire divisionnaire, un policier désillusionné, est quand même
impressionné par cette scène, mais surtout par le cran du lieutenant
Verbeck, seule à avoir passé le seuil de la porte.Voilà que Verbeck se
met à délirer sur le mal et Lopez se voit obliger d'agir, d'entrer dans
cette pièce qui se referme sur eux, comme pour les écraser, les dévorer.
Les personnages me sont apparus un peu cliché au premier regard, tout comme certaines réflexions. Par contre, il y a un bon petit pied de nez à la fin.
Rêves de vermillon: l'oeuvre intrégrale de Bram Jameson
de Claude Lalumière est incontestablement originale. Voilà résumés une
douzaine de livres d'un auteur fictif. Si, au début, seuls quelques
éléments sèment le doute sur l'existence réelle de l'écrivain, ces
éléments se multiplient alors qu'on fait référence à des gens connus, et
surtout à un lieu qui, au début, nous semble issu de l'imaginaire de
l'auteur, mais dont on apprend que l'auteur fictif lui-même y aurait
habité. À cela s'ajoute l'apparent style d'écriture très particulier de
l'écrivain fictif et, en finale, les déraillements de notre
narrateur-résumeur. Originale, oui, mais la forme de cette nouvelle rend
la lecture un peu laborieuse et joue avec notre intérêt.
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