12 août 2012

Hauts et bas de la discipline d'écrire

À mon retour de vacances, j'étais pleine de motivation pour écrire.
Le retour au quotidien a un peu dégonflé mon enthousiasme et je dois avouer un de mes grands défauts: il m'est plus facile de ne pas écrire que d'écrire. Je suis une peureuse, une lopette de la plus grande espèce. Les idées ne me manquent pas, mais j'ai peur de les suivre, de jusqu'où elles pourraient m'emmener. Imaginez si elles me guidaient dans un cul-de-sac! Tout ce temps perdu (ici, on pourrait argumenter que le temps passé sur un texte qu'on ne publiera pas n'est pas automatiquement perdu: on travailler notre écriture, notre vocabulaire, notre sens de la structure, de la narration, on a aiguisé notre auto-critique...). L'ironie dans tout cela c'est que, avec tout ce temps passé à ne pas écrire par peur de perdre du temps ou de me faire avoir par une histoire, j'aurais sûrement réussi à écrire des textes publiables de temps à autre!

À vous dont je vois les publications et les textes achevés défiler, je vous admire (et vous envie, quand même un peu).

Je dois dire, à ma défense, que dans mon combat perpétuel, je gagne de plus en plus souvent. J'ai écrit beaucoup plus cette année que lors de n'importe quelle année précédente (et j'ai un bébé d'un an!). Le défi, désormais, est de ne pas pleurer sur ces années perdues, de ne pas jalouser stérilement ces auteurs plus jeunes qui ont déjà une feuille de route plus importante que la mienne. Je dois accepter mon rythme personnel d'écriture.

Et me donner un bon coup de fouet de temps à autre, non mais, ça va faire la procrastination aux milles excuses.

Bon, va pour le billet introspectif, j'espère ne pas m'être trop apitoyée sur mon sort parce que ça non plus, ça n'aide pas.

4 août 2012

Lecture: "The Left Hand of Darkness" de Ursula K. LeGuin

J'ai acheté The Left Hand of Darkness à Anticipation 2009. J'en avais tant entendu parler, il était sur toutes les listes de suggestions.
Enfin, je l'ai lu.
Pour me rendre compte que, tout ce que j'en savais, c'est que l'histoire se déroulait sur une planète où les humains changeaient de sexe. C'est un point important, central, mais l'histoire s'est révélée être beaucoup plus riche que cela.

Résumé
Genly Ai a été envoyé sur Gethen - surnommée Hiver par les siens - comme émissaire unique du regroupement des mondes connus (une sorte de fédération sans grand pouvoir d'autorité ayant pour but de réunir les descendants d'un peuple fondateur commun, humanoïde). Arrivé depuis déjà deux ans, Genly est sur le point d'obtenir enfin une audience avec le roi de Karhide, la patrie où il s'est établi, quand son principal allié est démis de ses fonctions et condamné à l'exile pour trahison. Las de l'indifférence du roi à son égard, il part vers la contrée voisine, qui entretient des relations tendues avec Karhide. Là, il sera utilisé, puis emprisonné pour enfin être libéré par nul autre que son ancien allié, Estraven, avec qui il entreprendra la traversée quasi-suicidaire du territoire le plus nordique afin de rentrer en Karhide. À travers ces épreuves, Genly tentera de mieux comprendre les notions de shifgrethor - ce principe qui semble s'apparenter à l'honneur et qui régit les relations interpersonnelles en les alourdissant - ainsi que les impacts de la sexualité particulière des gens de Gethen. Car sur cette planète, les habitants ne sont pas sexués, sauf en des moments précis. Alors, ils peuvent être mâle ou femelle, le sexe pouvant varier d'une fois à l'autre.

Commentaires
Je m'attendais à des manigances politiques. Je ne m'attendais pas à cette histoire, à cette traversée du désert de glace servant de lieu de rencontre entre deux solitudes. Je ne m'attendais pas à ces insertions de légendes qui approfondissent la culture, les moeurs de l'Autre en général, mais aussi, au fil de l'histoire, l'autre en particulier, Estraven.
Bien qu'au début, l'habitude du personnage principal de classer les comportements en 'féminins' et 'masculins' m'ait agacée, on comprend peu à peu qu'il s'agit plus d'un indice de la perte de ses repères.
L'opposition entre les deux grands gouvernements de la planète semble de prime abord caricaturale, mais LeGuin, comme dans tout le roman, affine graduellement les grands traits, tout comme nous nuançons nos préjugés au fur et à mesure de notre rencontre avec l'autre. Genly lui-même, au début très axé sur sa mission et ses ambitions, s'humanise graduellement.
La notion de shifgrethor demeure trouble dans mon esprit, mais je crois que c'est voulu, c'est la part insaisissable.
Cette histoire somme toute assez brutale de trahison, d'exile, d'emprisonnement et d'évasion, est racontée avec douceur et simplicité, dans une langue à la fois précise et directe, poétique et introspective.
Ma seule nuance restera l'entrée tardive de la "voix" d'Estraven. Nous comprenons à la fin le pourquoi de cette arrivée tardive dans le récit qui est une sorte de rapport fourni aux supérieurs de Genly, mais son apparition me sembla brutale.

J'ai été emportée. Je ne sais par quoi, ni comment. Je suis embarquée dans l'histoire et me suis laissée menée par son flot, bercée par le bruit de son eau.
J'aime rarement les oeuvres trop poétiques. Celle-ci me laisse cette impression, bien que je sache que l'histoire n'a jamais quitté le concret et que la langue n'a jamais été fleurie et brodée.
Étrange.
C'est un bon sentiment, ça, l'étrange.
C'est pour ça qu'on lit de la SF, non?



28 juil. 2012

Retour de vacances

Je ne suis pas assez assidue pour que vous l'ayez remarqué, mais je suis partie près de deux semaines en vacances.
5 jours chez mes parents, à profiter de la piscine, à aller au seul spectacle du Festival d'Été à être annulé pour cause d'orages (et quels orages!!!), à voir ma soeur, ma nièce, mon neveu, ma cousine... Pas les amis par contre. Je ne suis pas très bonne pour garder contact avec les gens et suis toujours gênée de refaire les liens. Et plus le temps passe, plus c'est ardu.

Ensuite: la Mauricie!!! 10 jours dans ce coin de pays par lequel on passe si souvent entre Montréal et Québec, mais où on ne s'arrête jamais. Voilà, l'arrêt a été fait, à Notre-Dame-du-Mont-Carmel.
Donc: visite de Trois-Rivière et de sa vieille prison (que mon père a déjà visitée alors qu'elle était encore en fonction, ai-je appris quelques jours plus tard), du manège militaire, de la promenade le long du fleuve; cueillette de framboises - miam!; défilé du Noël du campeur et transformation de Julien en tigre; ballade à Grand-Piles pour le Musée du bûcheron avec cette citation: "un peuple qui ne savait ni lire ni écrire, mais qui pouvait tout faire" (j'ai lu la nouvelle "Des dieux pure laine" de Luc Dagenais quelques jours plus tard, j'étais dans l'ambiance pas à peu près); visite de Shawinigan en plein préparatifs des Jeux du Québec avec mes parents (non, je ne suis pas allée voir le spectacle Amos Daragon); péripéties à St-Marc-du-Parc à la recherche du Musée de la Faune - jamais trouvé d'ailleurs -....

Bref, j'ai fait le plein d'images, d'anecdotes (dans un camping, tu ne t'attends pas à être une des rares tentes et, en plus, de te sentir cheap dans ta tente immense parce que tous tes voisins ont des chevaux!!!), d'idées.

Défi: trouver le temps, la discipline et le coup de fouet pour mettre tout ça sur papier.

Car si Geneviève Boivin trouve que Philippe-Aubert a besoin de pression parce qu'il écrit très lentement, moi, je suis l'escargot sur le valium à côté de cette tortue!

30 juin 2012

Nouvelle terminée!!!

Voilà! J'ai enfin fini une histoire.
Bon, il s'agit d'une nouvelle que j'avais déjà soumise pour publication, mais qui avait été rejetée.

Je n'ai pas l'impression d'avoir modifié beaucoup d'éléments, mais je crois que l'histoire se lit mieux - j'espère. Le gros hic, c'est qu'on m'avait suggéré de modifier le type de narrateur (de narrateur aligné à narrateur omniscient). Je n'ai jamais été capable de faire la conversion.

Est-ce parce que le narrateur aligné est plus naturel pour moi, ou encore que je suis endoctrinée à sa pratique mur-à-mur?

J'ai toujours l'impression que le narrateur aligné est la meilleure option. Ça sent l'automatisme, la recette. Ça m'embête.

M'enfin, je ferai lire ladite histoire avant de la soumettre. J'ai enlevé les explications techniques pour laisser un flou sur certains éléments, adoptant plus l'atmosphère du conte que de la nouvelle de science-fiction à laquelle je m'adonne généralement.


Vous avez des soucis de narrateur vous? Autre que: "Là, on sent qu'on n'est plus aligné." ???

20 juin 2012

Ray Bradbury

Je suis un peu en retard sur ce sujet, mais voici les deux choses que je retiens de Ray Bradbury.

Mon premier souvenir est de la série télé Ray Bradbury présente. Je ne me souviens pas trop des épisodes, mais la présentation m'a marquée. La caméra se faufilait dans le bureau de l'auteur, s'arrêtant pour fixer quelques objets insolites éparpillés dans cette pièce qui tenait à la fois de la bibliothèque et du marché aux puces. Il disait alors que n'importe quoi pouvait susciter une histoire chez lui. Quand je prends des photos bizarres ou que je m'obstine à garder (ou à acheter) une bébelle inutile, ça vient de là. Parce que l'image ou l'objet insolite pourrait générer une idée, une histoire. Je travaille d'ailleurs sur une histoire qui m'est venue alors que j'avais décidé de concentrer mon attention sur un masque en bois ramené du Brésil par ma grande soeur.

Mon deuxième souvenir vient du seul livre que j'ai lu de Bradbury: Fahrenheit 451. Le classique quoi! Je ne suis pas une personne qui relit un livre. Je commence à m'y mettre car j'ai découvert que ma mémoire défaille et que je n'ai pas non plus le même regard sur les choses. Donc certaines histoires pourraient bénéficier d'une relecture (dont  la saga de Dune, lue quand j'avais 15-16 ans; ou Ténébreuse, lue il y a si longtemps, mais jamais terminée...). Par contre, aussitôt avais-je terminé Fahrenheit 451 que j'ai su que je devais garder ce livre, que le relire serait essentiel. Ironiquement, je ne me souviens plus si je l'ai relu, je ne crois pas car le livre s'est perdu dans un de mes nombreux déménagements des cinq dernières années.