16 juin 2013

Repousser l'inévitable relecture

Ça fait un bon mois que j'ai terminé d'écrire mon premier roman (premier jet, on s'entend).

Je l'ai envoyé à une lectrice, qui m'envoie ses corrections chapitre par chapitre. Cependant, je désire relire le tout par moi-même avant de me plonger dans lesdites corrections.

Je n'y arrive pas. Le fichier est ouvert - oui, en ce moment même - sur mon ordinateur et je ne le lis pas. Je suis terrifiée! Le premier chapitre a été écrit il y a si longtemps, il y a eu tellement de pauses entre certaines sections. Malgré un premier commentaire global assez positif de ma lectrice, j'ai peur d'affronter, non pas mon texte, mais la petite voix dans le fond de ma tête qui va juger de tout. Je la connais, elle n'a pas la réputation d'être tendre.

Je dois lire ce foutu texte.

J'essaye de me distraire, je me suis dit que je pourrais prendre une pause et me changer les idées en écrivant autre chose, mais en dépit des multiples projets que je souhaite écrire, je n'arrive pas à noircir une seule ligne, ni même à me plonger dans une des histoires pour au moins l'élaborer ou l'explorer dans ma tête (ce que je fais souvent le soir pour m'endormir). C'est le vide complet dans mon cerveau.

Au moins, j'arrive à lire, sauf mon roman.

Ai-je déjà dit que j'avais un petit souci avec l'anxiété?
Aaarrrrgh!

Suis-je la seule qui procrastine à l'aube d'une relecture?

2 juin 2013

"Pushing Ice" d'Alastair Reynolds (2005)

Résumé

Un prologue nous présente une humanité qui englobe des milliers de mondes et qui cherche un geste pour célébrer ses 10 000 ans d'existence. Une des propositions suggère d'envoyer des sondes à la recherche de leur Bienfaitrice, qui a permis l'émergence de leur Congrès.

Ensuite, l'histoire nous ramène en 2057, à bord d'un vaisseau, le Rockhopper,  qui capture des astéroïdes pour renvoyer leur glace et leurs matières premières utilisables vers la Terre. Alors qu'ils effectuent un contrat, une des lunes de Saturne, Janus, se dégage de son orbite tandis que sa surface s'effrite, révélant une structure métallique, robotique. Comme leur vaisseau est le plus près du phénomène, on demande à l'équipage du Rockhopper de suivre Janus le plus longtemps possible pour recueillir des données, et si possible, s'y poser. Le vote est serré, mais l'équipage décide en faveur de la poursuite de Janus. Cependant, des soucis techniques menacent leurs espoirs de retour, sans compter que Janus accélère, puis les happe dans son sillon.

Ce qui n'est que le début de leurs aventures au cours desquelles s'affronteront deux femmes, deux anciennes amies, dans une lutte pour la survie de l'équipage de Rockhopper.


Commentaire

Pushing Ice  nous embarque dans l'aventure grâce à une situation accrocheuse ancrée dans un monde bien développé ainsi que des personnages complets et humains. Le réalisme des relations entre les protagonistes, qui tient entre autres à l'acceptation de l'irrationalité de certaines de nos actions, et de leurs tourments, constitue une des forces de l'oeuvre. La cohérence scientifique et technologique ainsi que la prise en compte des contraintes liées à la situation d'exil est l'autre force. L'écriture est efficace, insérant les éléments d'information avec habileté, de sorte que le lecteur ne se sent jamais inondé par celle-ci.

Au niveau de l'histoire, la connexion entre celle-ci et le prologue étonne car elle prend un aspect inattendu. Par contre, les longs sauts dans le temps m'ont agacé, je crois surtout à cause de certains choix (ce que l'auteur présente vs. ce qu'il raconte) ainsi que de leur présentation. Cependant, la persistance de certains filons leur donne une cohérence. Enfin, un des éléments-clés de la finale apparaît trop tard, alors qu'il y aurait eu des occasions d'en parler avant. Cela donne une mauvaise impression, comme s'il s'agissait d'une idée arrivée en cours de route et que l'auteur n'aurait pas reculé pour l'intégrer.

 Ce roman fait partie de ces space opera "réalistes", aux dimensions temporelles immenses qui se terminent bien souvent dans un temps quand l'espèce humaine, après avoir vécu, s'est éteinte comme toute autre espèce. Je ne suis pas adepte de cette vision et ça a laissé une amertume à la fin du récit.

En résumé, Pushing Ice est une histoire complexe de relations humaines, de persévérance face aux défis de survie, relevés grâce à l'ingéniosité. Le roman se lit bien grâce à la combinaison heureuse des personnages, des situations et d'une plume fluide - parfois un peu trop technique, surtout que je l'ai lu en anglais - et, si on pardonne ses trois faiblesse - deux de construction et une d'idée, mais cette dernière relève du goût personnel - , on passe un très bon moment.

6 mai 2013

Premières à Boréal

Avec cette troisième présence à Boréal en autant d'années (ma première participation remonte à 2008, mais je suis restée à l'écart les deux années suivantes, à cause d'Anticipation, puis d'un horaire de travail incompatible), j'ai vécu quelques premières fort agréables.

D'abord, j'ai combattu ma gêne! Ouioui, je vous le jure, j'ai salué des gens et j'ai même eu des conversations! Ok, j'arrête l'autodérision ici.

Ensuite, j'ai animé ma première table-ronde. Je pensais qu'à 9h30 le matin, j'animerais pour une salle plutôt endormie et à demi vide. Eh bien non! Les Boréaliens étaient au rendez-vous, bien à l'écoute et, surtout, bien participatifs! Les invités ont bien élaboré sur les questions, semant des pistes à approfondir, suscitant questions et réactions de notre public. Ça m'encourage à recommencer l'expérience l'an prochain.

J'ai aussi enfin osé le concours d'écriture sur place. J'ai accompli l'exploit dans le couloir près des salles principales du Congrès, ce qui n'était pas nécessairement la meilleure idée, avec le bruit et les passants, mais c'est pas grave. J'hésitais, je n'étais pas certaine, j'ai dit à Julie qu'un jour je le ferais, pis là, elle a répondu la meilleure chose: "Un jour, je vais vous croire." J'ai senti le scepticisme un peu déçu, je n'étais pas sûre de vouloir assister à la table-ronde suivante. Je me suis lancée!!! Ok, j'ai rien gagné (j'avais quand même un petit espoir, j'ai ma fierté!), mais ça a fait du bien.

Enfin, j'ai voté pour quelques prix Aurora-Boréal. Au départ, je n'osais pas, car je n'avais rien lu qui était en compétition pour la catégorie principale. Après m'être fait fustigée de ne pas voter, j'ai fait de mon mieux dans les catégories où j'avais fait des lectures.

J'aurais pu faire la mascarade, mais je n'ai pas osé amener mon seul costume, qui faisait trop médiéval à mon goût. Peut-être l'an prochain.

Je parlerai des tables-rondes auxquelles j'ai assisté plus tard. Promis.

5 mai 2013

Premier jet terminé!!!

Ceux qui me connaissent par l'atelier d'écriture connaissent Mirage.
Vous savez, cette nouvelle que vous vouliez tous que je transforme en roman?

Ben voilà, j'ai fini le premier jet! 11 chapitres, 93 103 mots.

Plus de cinq ans.

J'ai déjà dit que je ne travaillais pas très vite. Cependant, la moitié a été écrite en deux ans, les quatre derniers chapitres en quatre mois.

J'accélère et je me discipline. Et j'arrête de me disperser dans mille projets que je ne termine pas.

Et celui-là n'est pas terminé! Maintenant: la réécriture.

3 mai 2013

Boréal!!!!

C'est le Congrès Boréal en fin de semaine.
Ça va faire trois ans de suite que j'y vais, après une absence de trois ans suite à ma première participation.

Cette fois-ci, je fais le grand saut, j'anime une table-ronde. En grande matinale, j'ai hérité de la table-ronde du samedi matin, 9h30, intitulée La fantasy peut-elle se passer de mode?

Je suis un peu beaucoup nerveuse. Je suis très critique de la façon dont ces tables-rondes sont animées et je mets peut-être la barre un peu haute. Après tout, s'il y a bien un congrès convivial en ce monde, c'est bien celui de Boréal.

Au-delà des activités, c'est aussi l'occasion de croiser tout le monde. Vous tous que je ne vois qu'en cette occasion. Ouais, je pourrais changer ça aussi, mais je suis très casanière. Les échanges et discussions sur la bande, l'ambiance, c'est toujours très inspirant et rechargeant.

J'espère ne pas trop être gênée.

Si vous me reconnaissez pis que je ne vais pas vous voir, n'hésitez pas. Il est probable que je suis juste en train de me creuser la tête pour trouver la bonne façon de dire : "Bonjour, comment ça va?" (et que j'ai peur de ne pas être reconnue, pis là c'est embarrassant, pis tu te dis: non mais, j'suis un peu prétentieuse non de penser que X va se rappeler ma binette!)

Ok, j'arrête le billet là, on se voit ce soir :)