Mercredi dernier, c'était l'événement: le 12 août, j'achète un livre québécois.
Pour la deuxième année de suite, le mouvement créé par deux auteurs d'ici a suscité un intérêt des plus remarquables, autant chez les libraires indépendants que chez les lecteurs (de ce que j'ai pu déduire des commentaires de plusieurs consommateurs ayant été dans les chaînes de librairies, l'événement n'y a pas été souligné, sauf sur le web, et la pauvreté du choix québécois a quelques fois été tristement remarquée).
Donc, pour la seconde année, j'ai fait quelques achats. Et j'en ai profité, comme l'an dernier, pour m'éloigner un peu de ma zone de confort. Bon, j'ai été moins intense que l'an dernier (en fait, non, mais la moitié de mon butin était destiné à une amie d'Halifax, dont l'accès au livre québécois est plutôt limité... et puis, qu'y a-t-il de plus sympa à donner qu'un livre, hein?).
2014:
La petite fille qui aimait trop les allumettes - Gaëtan Soucy
Le bestiaire des fruits - Zviane
Le fou de l'île - Félix Leclerc
Crime à la librairie - collectif
Hôtel Olympia - Élisabeth Vonarburg
2015:
Griffintown - Marie-Hélène Poitras (suggestion de mon libraire)
La canicule des pauvres - Jean-Simon Desrochers (suggestion de mon libraire)
Chronique du Pays des Mères - Élisabeth Vonarburg
Ah, tiens, deux ans de suite, ma SF, c'est du Vonarburg. Bon, cette année, il était de côté depuis un bout, c'est quand même un classique qui me manque. Je varierai l'an prochain.
Et l'événement me fait penser à un autre, le Défi de littérature québécoise, lancé l'an dernier par Dominic Bellavance. Là, j'avoue que malgré ma volonté, je n'ai pas été disciplinée. D'abord, je n'ai pas inscrit tous les livres québécois lus en cours d'année. Ensuite, l'exercice peut être difficile quand on lit peu et que notre genre de prédilection n'est pas si prolifique dans le québécois.
Bon, c'est bien une journée, mais faut continuer toute l'année!
Ne craignez rien, mes achats québécois se poursuivront!
PS: pour ceux qui se demandent c'étaient quoi les cadeaux:
Le Mystère des Sylvaneaux - Joël Champetier
Arvida - Samuel Archibald
La mystérieuse bibliothécaire - Dominique Demers
La curieuse histoire du chat moribond - Marie-Renée Lavoie
Vous avez acheté quoi?
Et les livres qui demeurent sur votre liste 'à acheter"? pour que le 12 août se poursuive toute l'année.
17 août 2015
11 août 2015
Solaris 194
Le numéro du printemps 2015 offre un sommaire d'auteurs qu'on voit plus rarement dans Solaris.
Avec Les Précieuses Minuscules, Natasha Beaulieu déroge à son type d'histoire usuel pour nous présenter un récit léger, plein de douceurs et de personnages savoureux et dont l'écriture, tout aussi légère, nous fait passer un beau moment.
La revue enchaîne avec une nouvelle de Pierre-Luc Lafrance: Projection privée. Ici, l'auteur revisite l'idée du film comme objet maléfique pour plonger dans l'horreur. Jacques Lampron, critique de film vitriolique, est traumatisé par un double suicide à son domicile. Après des mois de congé, il revient au travail et est invité à une projection, dont il se retrouve seul spectateur. Et pour cause, le film présenté s'adresse TRÈS spécifiquement à lui. Les personnages sont plutôt caricaturaux, en particulier le personnage principal, avec qui nous n'arrivons pas à sympathiser. Donc quand il lui arrive malheur, on est peu touché. Il y a des aspects intéressants, mais le cliché est trop épais, même si c'était l'intention de l'auteur (l'était-ce?).
Objets intelligents de Jean-Noël Lafargue explore l'exacerbation de l'invention et de l'utilisation d'appareils dits "intelligents". Principalement descriptive, cette nouvelle humoristique adopte une simplicité de ton et une honnêteté du protagoniste-descripteur qui lui donne sa force. Cependant, la nature répétitive des paragraphes agace malgré la brièveté de l'ensemble. Une histoire tout de même agréable, à la chute imaginative dans son contenant, si ce n'est dans son contenu.
Célia Chalfoun fait son entrée dans Solaris avec Les Raisons de Gournah, un récit de science-fiction qui se passe en Égypte et dont l'enjeu touristique a une importance majeure au niveau de l'économie. L'écriture est bien maîtrisée et le monde esquissé paraît complexe et intéressant. Cependant, le récit principal ne capte pas l'attention. On suit le personnage dans ses tractations, mais sans complètement se laisser embarquer. Il manque un tout petit quelque chose. Auteure à suivre.
Enfin, le volet fiction se termine avec Pour que s'anime le ciel factice de Frédérick Durand, une histoire fantastique préhistorique. Le récit est bien mené, mais contient beaucoup d'éléments dont plusieurs auraient pu être développés, ce qui nous laisse avec l'impression d'avoir eu trop de portes à demi ouvertes. La relation du peintre avec sa peinture est intéressante, mais aurait pu être poussée plus loin. Un texte tout de même réussi.
Le volet essais du numéro comprend un article sur Iain M. Banks composé d'un survol de ses oeuvres ainsi que d'une entrevue réalisée par Jean-Louis Trudel. Il s'agit d'un portrait des plus pertinents de l'auteur et son oeuvre. Ensuite, Mario Tessier traite de L'Imaginaire médiéval au Québec dans son incontournable Chronique du Futurible. Sujet vaste dont il fait une synthèse efficace qui demeure objective. Christian Sauvé enchaîne avec un Sci-Néma qui s'aventure en terrain moins défriché avec sa verve vitriolique.
Littéranautes et Lectures concluent, comme toujours, le Solaris.
Un numéro sympathique quoique inégal.
PS: Je ferai un petit aveu personnel: j'ai eu de la difficulté à le commencer. Je n'arrivais pas à passer l'éditorial. Le dernier écrit par Joël Champetier. On pense toujours à toi.
Avec Les Précieuses Minuscules, Natasha Beaulieu déroge à son type d'histoire usuel pour nous présenter un récit léger, plein de douceurs et de personnages savoureux et dont l'écriture, tout aussi légère, nous fait passer un beau moment.
La revue enchaîne avec une nouvelle de Pierre-Luc Lafrance: Projection privée. Ici, l'auteur revisite l'idée du film comme objet maléfique pour plonger dans l'horreur. Jacques Lampron, critique de film vitriolique, est traumatisé par un double suicide à son domicile. Après des mois de congé, il revient au travail et est invité à une projection, dont il se retrouve seul spectateur. Et pour cause, le film présenté s'adresse TRÈS spécifiquement à lui. Les personnages sont plutôt caricaturaux, en particulier le personnage principal, avec qui nous n'arrivons pas à sympathiser. Donc quand il lui arrive malheur, on est peu touché. Il y a des aspects intéressants, mais le cliché est trop épais, même si c'était l'intention de l'auteur (l'était-ce?).
Objets intelligents de Jean-Noël Lafargue explore l'exacerbation de l'invention et de l'utilisation d'appareils dits "intelligents". Principalement descriptive, cette nouvelle humoristique adopte une simplicité de ton et une honnêteté du protagoniste-descripteur qui lui donne sa force. Cependant, la nature répétitive des paragraphes agace malgré la brièveté de l'ensemble. Une histoire tout de même agréable, à la chute imaginative dans son contenant, si ce n'est dans son contenu.
Célia Chalfoun fait son entrée dans Solaris avec Les Raisons de Gournah, un récit de science-fiction qui se passe en Égypte et dont l'enjeu touristique a une importance majeure au niveau de l'économie. L'écriture est bien maîtrisée et le monde esquissé paraît complexe et intéressant. Cependant, le récit principal ne capte pas l'attention. On suit le personnage dans ses tractations, mais sans complètement se laisser embarquer. Il manque un tout petit quelque chose. Auteure à suivre.
Enfin, le volet fiction se termine avec Pour que s'anime le ciel factice de Frédérick Durand, une histoire fantastique préhistorique. Le récit est bien mené, mais contient beaucoup d'éléments dont plusieurs auraient pu être développés, ce qui nous laisse avec l'impression d'avoir eu trop de portes à demi ouvertes. La relation du peintre avec sa peinture est intéressante, mais aurait pu être poussée plus loin. Un texte tout de même réussi.
Le volet essais du numéro comprend un article sur Iain M. Banks composé d'un survol de ses oeuvres ainsi que d'une entrevue réalisée par Jean-Louis Trudel. Il s'agit d'un portrait des plus pertinents de l'auteur et son oeuvre. Ensuite, Mario Tessier traite de L'Imaginaire médiéval au Québec dans son incontournable Chronique du Futurible. Sujet vaste dont il fait une synthèse efficace qui demeure objective. Christian Sauvé enchaîne avec un Sci-Néma qui s'aventure en terrain moins défriché avec sa verve vitriolique.
Littéranautes et Lectures concluent, comme toujours, le Solaris.
Un numéro sympathique quoique inégal.
PS: Je ferai un petit aveu personnel: j'ai eu de la difficulté à le commencer. Je n'arrivais pas à passer l'éditorial. Le dernier écrit par Joël Champetier. On pense toujours à toi.
28 juil. 2015
Archives personnelles: le bordel, quoi!
Quand on écrit, on accumule des bouts de papier. Partout. Et des cahiers, à demi remplis, de plein d'extraits d'histoires embryonnaires différentes.
Et aussi des listes. De livres à lire, de choses à travailler.
Et des notes prises pendant des tables-rondes de congrès. Plus très compréhensibles (je n'ai d'ailleurs toujours pas fini de retranscrire mes notes d'Anticipation 2009).
Et puis il y a les textes eux-mêmes, en huit versions, et la documentation sur les textes (le monde, les persos, etc), annotée et gribouillée et corrigée.
Brrrrrref.
De temps à autres, il me vient l'idée folle d'organiser le tout. Mais ça implique de retaper/découper-uniformiser/ordonner un tas de papiers et la tâche me submerge vite. Puis je me dis: à quoi bon? Vais-je vraiment consulter tout ça de nouveau? Ça fait un peu bizarre de conserver des archives de soi-même. Qui va consulter ça? Un futur biographe (prétentieux, non?).
Aaaaaanyway. Vous gardez quoi? Comment? Et vous jetez quoi?
Oui, parce que le contrecoup, c'est de se dire qu'on a juste à tout jeter.
Et côté archives électroniques? Les version 1, 2, 3, 3a, 3b etc?
Et aussi des listes. De livres à lire, de choses à travailler.
Et des notes prises pendant des tables-rondes de congrès. Plus très compréhensibles (je n'ai d'ailleurs toujours pas fini de retranscrire mes notes d'Anticipation 2009).
Et puis il y a les textes eux-mêmes, en huit versions, et la documentation sur les textes (le monde, les persos, etc), annotée et gribouillée et corrigée.
Brrrrrref.
De temps à autres, il me vient l'idée folle d'organiser le tout. Mais ça implique de retaper/découper-uniformiser/ordonner un tas de papiers et la tâche me submerge vite. Puis je me dis: à quoi bon? Vais-je vraiment consulter tout ça de nouveau? Ça fait un peu bizarre de conserver des archives de soi-même. Qui va consulter ça? Un futur biographe (prétentieux, non?).
Aaaaaanyway. Vous gardez quoi? Comment? Et vous jetez quoi?
Oui, parce que le contrecoup, c'est de se dire qu'on a juste à tout jeter.
Et côté archives électroniques? Les version 1, 2, 3, 3a, 3b etc?
20 juil. 2015
Objectif de vacances accompli (devinez lequel)
Les vacances:
Ce moment de l'année où on noircit une page complète de projets à terminer-avancer-débuter comme si les journées allaient avoir 42h, qu'on n'aurait plus à faire les repas ou la vaisselle et que la fatigue d'une année de malade (une autre), n'allait pas nous tomber dessus.
Je plaide coupable (je plaide coupable de cette mauvaise habitude à TOUTES les fins de semaine!). Mais cette année, j'y suis allée modérément. J'avais deux objectifs de vacances: un primordial, l'autre avec une date buttoir.
Le premier a été accompli en une journée (c'est fou ce qu'on peut faire pendant une journée sans être dérangée ni avoir à s'occuper de personne!): j'ai terminé la correction de mon roman. Pis en plus, le lendemain, je l'ai envoyé. Voilà.
Depuis, je relaxe. Ce que je fais rarement. J'ai écouté trop de télé, j'ai visité la grande bibliothèque, j'ai vu des gens (sisi, à plusieurs reprises en plus, mon quota est atteint d'ici la fin de l'année (mais j'en connais qui ne me laisseront pas en paix si facilement)).
Et je finirai le deuxième objectif demain ou mercredi.
Pour le reste des objectifs non-atteints, bah.
Les vacances, c'est aussi "Nouvel An prise 2" pour moi. Je (re)prends mes résolutions -elles ont besoin d'une petite révision avec, peut-être, une réflexion plus poussée sur mon organisation. Je reprends le blogue. Je lis - pas assez vite pour rattraper mon retard. Je déprime un peu aussi, mais ça, fallait s'y attendre. Rien de grave. Que la mélancolie habituelle qui a soudain le temps de s'installer.
Ok, j'ai vraiment besoin de réfléchir à mon organisation quotidienne. De me recentrer sur les points importants (ah, faudrait que je les définisse en premier, hein?).
Ouin, les vacances, c'est vraiment le 1er janvier du campeur.
On s'en fout: j'ai fini/soumis mon roman. Ha!
Je fais quoi maintenant?
Ce moment de l'année où on noircit une page complète de projets à terminer-avancer-débuter comme si les journées allaient avoir 42h, qu'on n'aurait plus à faire les repas ou la vaisselle et que la fatigue d'une année de malade (une autre), n'allait pas nous tomber dessus.
Je plaide coupable (je plaide coupable de cette mauvaise habitude à TOUTES les fins de semaine!). Mais cette année, j'y suis allée modérément. J'avais deux objectifs de vacances: un primordial, l'autre avec une date buttoir.
Le premier a été accompli en une journée (c'est fou ce qu'on peut faire pendant une journée sans être dérangée ni avoir à s'occuper de personne!): j'ai terminé la correction de mon roman. Pis en plus, le lendemain, je l'ai envoyé. Voilà.
Depuis, je relaxe. Ce que je fais rarement. J'ai écouté trop de télé, j'ai visité la grande bibliothèque, j'ai vu des gens (sisi, à plusieurs reprises en plus, mon quota est atteint d'ici la fin de l'année (mais j'en connais qui ne me laisseront pas en paix si facilement)).
Et je finirai le deuxième objectif demain ou mercredi.
Pour le reste des objectifs non-atteints, bah.
Les vacances, c'est aussi "Nouvel An prise 2" pour moi. Je (re)prends mes résolutions -elles ont besoin d'une petite révision avec, peut-être, une réflexion plus poussée sur mon organisation. Je reprends le blogue. Je lis - pas assez vite pour rattraper mon retard. Je déprime un peu aussi, mais ça, fallait s'y attendre. Rien de grave. Que la mélancolie habituelle qui a soudain le temps de s'installer.
Ok, j'ai vraiment besoin de réfléchir à mon organisation quotidienne. De me recentrer sur les points importants (ah, faudrait que je les définisse en premier, hein?).
Ouin, les vacances, c'est vraiment le 1er janvier du campeur.
On s'en fout: j'ai fini/soumis mon roman. Ha!
Je fais quoi maintenant?
27 avr. 2015
Sortir de sa zone de confort
La lecture, c'est se plonger dans l'inconnu pour découvrir.
Découvrir une histoire, des personnages, un monde.
Se découvrir soi-même aussi, des fois.
Cependant, malgré la curiosité intrinsèque aux lecteurs, nous avons tous nos genres de prédilection, des types de lecture qui nous plaisent plus que d'autres: documentaires, biographies, romans policiers, livres de cuisine, essais politiques, livres d'histoires, poésie... Nous revenons aux mêmes rayons, aux mêmes auteurs, aux mêmes sujets, confortables dans les grandes lignes du genre, agréablement surpris par les digressions qui ont lieu dans un espace sécuritaire.
Pourtant, il faut en sortir! Sortir de nos habitudes de lecture, de nos choix convenus, pour explorer ailleurs, explorer autre chose, ne serait-ce que pour revenir chez-soi avec un regard neuf, changé.
Alors voilà, je romps ma série de livres de science-fiction/fantasy avec un livre de Félix Leclerc, acheté le 12 août dernier. Me voilà plongée dans un récit plus terre-à-terre, et pourtant rêveur, poétique. Plein d'images et de sons et de terre et de mer. C'est difficile, au début, de s'immerger dans une narration inhabituelle à nos yeux, à notre oreille de lecteur, dans un récit au rythme différent, aux silences dont nous ne saisissons pas toutes les nuances.
Mais ça vaut la peine. Pour explorer, pour découvrir. Pour sortir de nos ornières et de derrières nos oeillères. Pour respirer.
Découvrir une histoire, des personnages, un monde.
Se découvrir soi-même aussi, des fois.
Cependant, malgré la curiosité intrinsèque aux lecteurs, nous avons tous nos genres de prédilection, des types de lecture qui nous plaisent plus que d'autres: documentaires, biographies, romans policiers, livres de cuisine, essais politiques, livres d'histoires, poésie... Nous revenons aux mêmes rayons, aux mêmes auteurs, aux mêmes sujets, confortables dans les grandes lignes du genre, agréablement surpris par les digressions qui ont lieu dans un espace sécuritaire.
Pourtant, il faut en sortir! Sortir de nos habitudes de lecture, de nos choix convenus, pour explorer ailleurs, explorer autre chose, ne serait-ce que pour revenir chez-soi avec un regard neuf, changé.
Alors voilà, je romps ma série de livres de science-fiction/fantasy avec un livre de Félix Leclerc, acheté le 12 août dernier. Me voilà plongée dans un récit plus terre-à-terre, et pourtant rêveur, poétique. Plein d'images et de sons et de terre et de mer. C'est difficile, au début, de s'immerger dans une narration inhabituelle à nos yeux, à notre oreille de lecteur, dans un récit au rythme différent, aux silences dont nous ne saisissons pas toutes les nuances.
Mais ça vaut la peine. Pour explorer, pour découvrir. Pour sortir de nos ornières et de derrières nos oeillères. Pour respirer.
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