25 mars 2012

Diversion

Prise dans la rédaction de mon roman-jadis-nouvelle-de-vingt-pages, je regarde avec envie les annonces de collègues écrivains qui continuent de publier. Disons qu'à coup de même pas 1000 mots par semaine par les temps qui courent, j'avance à pas de tortue.

Alors en fin de semaine, je délaisse le travail de longue haleine! Je me laisse distraire et happer par des écritures plus courtes dans l'espoir d'aboutir à une publication cette année. Ça aidera la motivation à long terme et ça laissera mon cerveau respirer un peu. Cependant, je ne veux pas vraiment mettre en veilleuse LE projet. Juste le temps d'une fin de semaine, de temps à autre.

Pourrais-je mener deux histoires de front? Accompagner la longue de plus petites? Je ne sais pas. Je crains aussi de trop diluer mes efforts et le temps déjà restreint que je peux accorder à l'écriture.

Pour le moment, je relève le défi d'une micro-nouvelle. 300 mots, c'est rien!!! Ha! Je vous en redonne des nouvelles.

21 mars 2012

Lecture: "A Princess of Mars" de Edgar Rice Burroughs

Soyons à la page pour une fois!
Avec la sortie de John Carter, allons-y avec le premier livre de la série dont le film est tiré. Un bouquin sorti en 1917, en pleine ère des pulps.
Un véritable voyage dans le temps, version littéraire.

Résumé
John Carter est un ancien soldat confédéré qui, après la guerre civile, part faire fortune en Arizona avec un camarade de l'armée, où ils trouvent une mine d'or. Après un affrontement avec les Apaches, Carter se réfugie dans une grotte pour dépérir jusqu'à ce son esprit quitte son corps.
À son réveil, il se retrouve sur Mars.
Explorant les environs, il fait d'abord la rencontre des Martiens verts, ces géants à six bras et aux visages armés de défenses. On lui assigne une femme ainsi qu'une bête pour le garder et prendre soin de lui. Cette femme martienne se distingue des siens par une démonstration de sentiments d'affection et de compassion, les Martiens verts exhibant des comportements valorisant la violence. Alors que le groupe qui le tient prisonnier s'apprête à lever le camp pour un rassemblement des tribus, une flotte passe dans le ciel et ils l'attaquent, faisant du même coup une prisonnière: Dejah Thoris, une princesse parmi les Martiens rouges.
Similaire aux Terriens, si ce n'est par sa couleur de peau, elle acquiert rapidement le dévouement de John Carter, qui fera tout pour la rendre saine et sauve aux siens.

Critique
De prime abord, il faut accueillir ce livre pour ce qu'il est: un roman d'aventures qui vise le divertissement. Point.

L'histoire est menée de péripétie en péripétie alors que le personnage principal est concentré sur sa survie, puis sur le sauvetage de la princesse d'Hélium. Dans ses errances et explorations du territoire martien, il fait de nombreuses rencontres dont la pertinence n'est pas toujours évidente, et dont la survenue peut paraître soit miraculeuse, soit très arrangée.

John Carter, déjà un Terrien exceptionnel car il ne vieillit pas (ce point n'apporte pourtant pas de profondeur au personnage), demeure pragmatique, héros stoïque comme on n'en fait plus. Dès qu'il comprend qu'il est sur Mars, il se concentre sur sa survie, sans accorder une pensée à un éventuel retour sur Terre  avant de rencontrer Dejah Thoris. Il accepte sa situation, cette fatalité.
C'est aussi un personnage qui tranche avec les héros actuels, aux prises avec une conscience. Il n'a aucun remords à tuer et mépriser les Martiens verts, au physique très étranger, mais faire du mal à un Martien rouge, dont l'apparence est très similaire à celle des humains, lui est moins acceptable. Pourtant, il n'hésite pas à s'allier aux premiers pour détruire une ville des seconds dans le seul but de sauver la princesse.

En lien avec cette alliance, il y a cette influence qu'exerce Carter sur les Martiens, verts et rouges. Oui, son habitude d'une gravité plus élevée lui permet des prouesses impressionnantes, mais il demeure étonnant de constater à quel point les uns comme les autres le croient: aucun scepticisme face à son histoire. Son ascendant sur les décisions est aussi impressionnant et difficile à comprendre. Qu'il convainc Tars Tarkas, un Martien vert atypique, c'est une chose, mais que le reste du clan suive sans protestation des actions si contraire aux usages, influencées par un petit humain ressemblant beaucoup à leurs ennemis, c'est gros. Ce type de facilité trahit un auteur qui aplanit les difficultés et qui se fait aussi sentir, dans la dernière section, lorsque Carter fait montre d'habiletés et de connaissances dont le lecteur apprend l'acquisition seulement au moment où leur utilisation devient nécessaire.

Ce roman est truffé de raccourcis et de personnages unidimensionnels, mais il se lit TELLEMENT vite! Un vrai divertissement. De plus, par une sorte d'effet involontaire de son archaïsme, il fait réfléchir le lecteur sur tous ces lieux communs de l'époque, tous ces comportements jadis acceptables, sur cette absence de nuances, de gris, qui a fait le grandiose de l'époque. Sans oublier cette perception si erronée de Mars, mais basée sur les avis scientifiques de ce début de 20ème siècle.

À lire. Pour le divertissement rafraîchissant qui, pourtant, date d'un siècle!

Lu: Décembre 2011  

16 févr. 2012

Intimité vs Curiosité

Je suis une commère. Si, si!
Dès que j'aperçois quelqu'un en train de lire sur la place publique (comprendre ici: dans le métro ou sur le quai du métro), j'essaye de découvrir le titre de l'ouvrage avec le plus de subtilité possible. J'ai peu de succès, trop gênée pour faire faire des méandres à mon cou ou pour parer les remous de la rail de métro. Néanmoins, je persiste. Pourquoi ce comportement? Simple curiosité? En fait, je cherche à la fois des suggestions de lecture et un certain réconfort.

Voyez-vous, je suis insécure. Même dans mes lectures, je doute. De mes choix, de mes goûts. Je crains le regard des autres. Pendant longtemps, quand j'invitais une personne pour la première fois à la maison, je présentais ma bibliothèque de loin, puis je passais aussitôt à autre chose, pour que l'invité(e) n'ait pas le temps de lire les titres qui habitaient les tablettes. 

Donc, quand je remarque un titre dans le métro, je peux me dire:«Bon, je ne suis pas seule à lire ce truc.» ou encore: «Si on peut lire du Danielle Steel publiquement sans éprouver la moindre honte, je devrais pouvoir lire mon livre sans m'inquiéter du regard des autres.»

Cependant, depuis Noël, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais cette activité de commérage est plus difficile. L'obstacle: la liseuse!
Je vous arrête: je n'ai rien contre, j'en possède une et si, les premiers temps, je rougissais de la sortir en plein transport en commun, ça m'a vite passé. Mes lectures se faisaient maintenant sous le couvert de l'anonymat, la liseuse offrant la même couverture imperturbable que je me plonge dans les lectures coupables des Dresden Files ou que je me lance dans le classique Le Rouge et le Noir.

L'inconvénient, vous le devinez, est que cette protection de ma vie privée de lectrice insécure est aussi offerte à ces autres lecteurs du transport en commun. Finie cette chasse aux titres, terminé cet étonnement d'avoir aperçu dix fois le même titre en moins de trois jours.

Je vais devoir m'y faire et faire un peu plus confiance à mon jugement personnel. Peut-être cela m'évitera-t-il de croire que je dois lire certains titres juste parce qu'ils croisent régulièrement ma route. En même temps, quelle vitrine perdue pour les auteurs! La couverture de livre, qui peut être si souvent une oeuvre en soi, comme l'a été la pochette de disque, deviendra-t-elle optionnelle, perdra-t-elle de son influence sur la vente?

Avouez que vous avez déjà acheté un livre pour sa couverture ;)




30 déc. 2011

Fonds de tiroirs

En cette fin d'année où je me retrouve, non pas en vacances du travail, mais sans bébé ni conjoint pour une dizaine de jours (visite de la belle-famille outratlantique oblige), je me suis lancée dans le nettoyage de mes papiers, une fois de plus.

Je ne me rends jamais au bout, car force est de constater que j'ai beaucoup d'idées laissées en plan, à des degrés divers de développement. À chaque fois, j'essaye de trouver une méthode, un classement mieux conçu pour ne pas oublier ces bouts d'idées, pour un jour passer au travers tout ce fouillis d'embryons d'histoires.

En même temps, est-ce une bonne idée de m'accrocher à tous ces fragments, dont certains, à la relecture, ont perdu tout leur sens? Est-ce que je ne risque pas de me faire submerger par ces inachevés?

Non seulement il y a toutes ces histoires déjà pensées, mais cela ne m'empêche pas d'en imaginer de nouvelles. D'accord, je n'écris plus de façon compulsive toute petite phrase qui me vient à l'idée et que je trouve pas trop mal tournée, comme s'il s'agissait d'un cadeau divin. Par contre, je dois nettoyer tout ce capharnaüm!

Une histoire à la fois.

Et je dois accepter que certaines de ces idées, au bout du compte, ne mèneront nulle part.
Si maintenant, une histoire ne me dit plus rien, peut-être que je ne devrais pas m'acharner à la conserver. Ou bien dois-je la garder au cas où, plus tard, je sois mieux disposée?

Et comment ranger toute cette paperasse!!! C'est d'un désordre. Éparpillé en feuilles mobiles, à divers endroits dans divers cahiers, regroupé et broché...

Je crois que je vais plutôt me mettre à écrire.
Quand j'aurai terminé la nouvelle sur laquelle je travaille, j'irai peut-être à la chasse.

13 déc. 2011

Lecture: Ringworld de Larry Niven

Ringworld: le classique de science-fiction!

Résumé

Le jour de son deux centième anniversaire, Louis Wu s'enfuit de sa propre soirée, blasé. Alors qu'il erre sans destination précise, il est intercepté par un marionnettiste de Pierson - de quoi attisé son esprit aventurier et curieux, puisque la totalité des membres de cette race d'extra-terrestres a cessé tout contact avec l'humanité et a quitté l'espace connu avant même la naissance de Louis. Le marionnettiste, Nessus, propose à Louis de partir avec lui, vers une destination inconnue, avec comme prix, un vaisseau dont le mode de propulsion révolutionnera les voyages interstellaires pour les humains. Se joindront à eux deux autres individus choisis par le marionnettiste: un kzin, dont le peuple a été en guerre avec les humains à plusieurs reprises; et une autre humaine, Teela Brown, dont la caractéristique principale sera de leur porter chance.

Lorsque le quatuor rejoint la diaspora des marionnettistes, ils prennent connaissance de leur destination: le Ringworld, cet anneau construit autour d'un soleil à la frontière de la galaxie. Les marionnettistes étant une race à la prudence qui côtoie la trouillardise, ils veulent les envoyer explorer cette merveille.

Critique

Ce qui m'a d'abord frappée chez Niven, c'est son talent pour décrire une réalité, un monde, en quelques mots et réflexions disséminés à travers l'action. Bien sûr, il y a parfois un paragraphe d'explications, pour approfondir notre connaissance de cet univers dans lequel évolue les personnages, mais il est toujours bien placé et Niven prend le soin de faire référence aux éléments de ce paragraphes plusieurs fois avant, de sorte qu'il répond à une curiosité qu'il a suscitée chez le lecteur. Le rythme de l'écriture est bien adaptée aux événements.

Du côté de l'histoire, ce qui débute comme une simple exploration devient le théâtre de découvertes sur l'étendue des manipulations des marionnettistes, sur la confrontation de la nature des différentes races. Au coeur de l'intrigue, il y a deux éléments: le combat contre la surpopulation et la façon dont les différentes races prévoient échapper à une catastrophe que rien ne peut empêcher, mais qui ne surviendra que dans un futur lointain. C'est surtout le second élément qui prévaut.
Niven dose bien la quantité de notions scientifiques qu'il intègre à l'histoire et se sert de l'ignorance d'un des personnages - Teela Brown - pour expliquer certaines de ces notions. Quant aux dimensions du Ringworld, elles sont si gigantesques qu'elles sont inimaginables, mais il emploie des comparaisons qui nous permettent de comprendre, sinon les dimensions, du moins le sentiment d'immensité.
Cependant, l'intérêt pour l'histoire s'amenuise un peu lorsque l'équipée s'échoue sur l'anneau. Déjà, qu'un peuple si maladivement prudent comme les marionnettistes n'aient pas pensé à la possibilité de se retrouver sur l'anneau me semble étrange. Ensuite, le mystère de la décadence des habitants m'a paru, sur le coup, plutôt cliché, mais rappelons-nous que l'histoire a été écrite en 1970.

Sur le plan des personnages, Louis Wu est savouré et ses réflexions sont empreintes de nuances et de profondeur. Les deux extra-terrestres, marginaux parmi les leurs, sont bien caractérisés. J'ai par contre des réserves quant à Teela Brown. Superficielle, elle m'a paru de carton. Étrangement, cela semble avoir été l'intention de l'auteur, si on en croit les commentaires de Wu à l'égard de la jeune fille. Sa présence artificielle au sein du groupe se révélera, par la suite, porteuse de plus de conséquences qu'on pourrait imaginer. Les péripéties qui affligeront le groupe remettront en question la notion de chance, la nécessité des malchances et des malheurs dans l'évolution de nos comportements ainsi que l'étendue de l'emprise de la chance de Teela Brown. La chance est ici approchée d'un point de vue évolutionnaire, comme un trait à cultiver chez une race, un paramètre à contrôler. Sous une telle lumière, le personnage prend une importance capitale. Mais ne gagne toujours pas ma sympathie. Je considère que Teela Brown n'avait pas à être autant 'de carton' pour prouver le point.

En résumé, Ringworld est un roman de science-fiction aux dimensions galactiques, qui aborde de nombreux thèmes chers au genre sous les aspects à la fois de la science, de la race humaine, des races extra-terrestres et de l'individu. Sa particularité se trouve dans son traitement de la chance comme moteur qui devient principal ainsi que dans la complexité de l'univers des marionnettistes et de leurs plans. Si quelques éléments agacent au plan de l'histoire, la lecture demeure très plaisante et elle apporte son lot de réflexions, sans oublier la plume de qualité de Niven pour créer un univers.

Il y a une suite, que je lirai!

Lu: Octobre 2011