J'ai souvent fureté dans la section de ma bibliothèque où il y avait les livres sur l'écriture, quand j'étais adolescente. Sans jamais oser en emprunter un. Pourquoi? D'abord, je me souciais un peu trop de ce que les bibliothécaires allaient penser de mes emprunts (j'vous parle pas de ma période ésotérique, où je m'efforçais de ne pas être surprise à même regarder ces livres), ensuite parce que j'avais cette conception romantique - et combien erronée - que l'écriture, on l'avait ou on ne l'avait pas, ça ne s'apprend pas.
Les ateliers d'écriture m'ont bien domptée sur le sujet!!!
Donc, après en avoir entendu parler par le biais d'amis auteurs, j'ai lu la version Stephen King de "Comment écrire des histoires" (oui, la version Élisabeth Vonarburg est le premier livre sur l'écriture que j'ai lu... j'attends avec impatience sa réédition).
La partie biographique me faisait un peu peur. Je suis souvent en mode comparaison et j'ai tendance à me dire que je n'ai pas assez persisté, que je ne me suis pas assez intensément impliquée dans l'écriture pour être une vraie. En fait, j'ai bien aimé, après avoir nuancé dans ma tête que le contexte n'était pas le même (un point pour moi).
La section "boîte à outils" nous rappelle l'importance de notre matériel principal: la langue. Dans tous ses aspects, des plus sympas (ah les champs lexicaux! et les figures de style aux noms rébarbatifs) aux plus arides (pour beaucoup, la grammaire, ou la ponctuation pour d'autres). Dommage que ses références soient anglophones, je dois trouver des références francophones (si vous avez des idées, gênez-vous pas). Tout ça pour dire que l'écriture, c'est bel et bien un métier, dont il faut affiner les outils et notre façon de les manipuler. Comment? Par la lecture bien sûr! Bon, ça, je savais déjà, mais j'avoue que depuis que je fais des commentaires de lecture sur ce blogue, ça m'aide à discerner ce que j'aime de ce que je n'aime pas, mais si j'ai encore des difficultés à en expliquer les raisons.
Enfin, la section "Écriture" est un regroupement de pensées de l'auteur sur les éléments importants. Certains sont intéressants, comme sa perception que, dans une histoire, il faut dire la vérité, ce qui contraste avec le "mens-moi, mais fais ça bien", quoique je peux voir où les deux se rejoignent. Par contre, d'autres éléments sont moins pertinents à cause du contexte (les agents, la façon de contacter les revues...).
Au bout du compte, ce fut une lecture très motivante, bien que je me dise que je ne puisse pas lire 70 livres à l'année ni écrire 2 000 mots à TOUS les jours (hey, j'ai un boulot et une famille!)... du moins au début, mais ça m'a relancée.
Je recommande, de la part de quelqu'un pas très penchée vers les biographies.
23 mars 2013
7 mars 2013
"Diaspora" de Greg Egan (1997)
Résumé
Des siècles dans le futur, l'humanité est divisée en trois groupes: les êtres de chairs et de sang, les personnalités implantées dans des androïdes et les personnalités implantées dans des polis, ces complexes informatiques enterrés des kilomètres sous la surface de la Terre. Dans ces polis, certaines personnalités sont créées par le système lui-même. Yatima est un de ces 'orphelins'.
Au cours d'une excursion parmi les hommes de chair - eux-mêmes divisés en différentes 'races' suite à des modifications génétiques plus ou moins radicales -, il se lie d'amitié avec certains de ces humains, qui forment une communauté ayant pour but de faire le 'pont' entre les différentes races.
Cependant, les répercussions d'une catastrophe au confins de la galaxie menace toute vie sur Terre. Yatima tente de convaincre les hommes de chair de faire le saut vers les polis, mais tous ne sont pas prêts à abandonner leur choix de vie et plusieurs croient à une manipulation.
Une fois la Terre rasée de toute vie, à l'exception des polis profondément enterrée, plusieurs personnalités élaborent un ambitieux projet de diaspora à travers l'univers, à la recherche d'un endroit sûr qui permettra la pérennité de l'humanité. En chemin, ils exhumeront les signes de l'existence d'autres êtres ayant, avant eux, passé d'êtres de chair à êtres numériques, et qui avaient prédit la catastrophe qui avait rasé la Terre. Ils ont aussi prédit une nouvelle catastrophe avec le potentiel de rayé la galaxie entière.
Commentaires
Lecture complexe, histoire foisonnante d'idées, Diaspora n'est pas à lire à la légère.
L'univers créé par Egan est complexe, en commençant par les polis et leurs habitants, qui sont au coeur du récit. Cependant, tout l'univers conjoint est aussi complexe, mais peu exploité en soi. On en vient à souhaiter qu'il développe davantage sur les relations entre les races des hommes de chair et sur les androïdes.
Les personnages principaux, des entités des polis, sont décrites et développées en opposition avec les hommes de chair, donc le lecteur lui-même. Tous les liens avec le corps d'origine, avec les émotions et les rituels issus des nécessités corporelles sont mal vus ou vécus comme étrangers. Yatima, le personnage principal, possède une pensée d'abord mathématique, qui s'accomplit dans les jeux théoriques.
Au cours des premiers chapitres, alors qu'on assiste à la naissance numérique de Yatima et à son développement, le récit est noyé sous les détails techniques, technologiques, scientifiques. Dans les chapitres où il y a contact avec les humains de chair, on revient en terrain connu, il est plus facile de s'orienter, et même de comprendre les entités entièrement numériques, par rapport à cette humanité qui nous est plus familière. Cependant, avec leur éradication, l'histoire se poursuit dans un univers uniquement virtuel. Même si les entités visitent des lieux physiques, ils perçoivent tout à travers de l'équipement. Leur dépendance vis-à-vis de la technologie m'a donné le vertige. Je me suis aussi beaucoup demandé, au bout du compte, s'il y a un pépin, comment ils faisaient pour réparer, coincés qu'ils étaient dans leurs gigantesques complexes informatiques.
On pourrait bien sûr argumenter que les perceptions humaines ne sont pas si différentes du traitement des signaux fait par les ordinateurs.
Ensuite, il y a la poursuite de ces Transmuteurs. Le roman se sépare en vingt chapitres, regroupés en huit sections. Au début de chaque section, il y a une petite introduction mettant en scène Yatima et qui parle de la poursuite des Transmuteurs. Cependant, à aucun moment dans les chapitres eux-mêmes nous n'assistons à la découverte des Transmuteurs, ou à l'exercice de déduction ayant mené à l'hypothèse de leur existence. C'est plutôt déroutant.
Finalement, la migration se poursuit d'étoile en étoile, puis d'univers parallèle en univers parallèle, et c'est là où mon imagination a lâché. Parce que je n'ai pas pu concevoir ces univers à 8+1 dimensions, avec ce nord à angle droit dans une nouvelle dimension de mon plan vertical... Non. J'ai compris le but d'un certain chapitre, là où Yatima résout des exercices théoriques pour mettre à plat des formes étranges. Si encore ce n'était qu'une façon de faire exotique, mais le coeur même du propos est ce contraste de dimensions.
Tout ça pour revenir au point de départ. Au-delà des Transmuteurs et des êtres supérieurs aux Transmuteurs. Au-delà de millions d'années inconcevables. Le vertige je vous dis.
Des idées, il y en avait plein ce roman. Des belles, des bonnes. Techniques ou humaines. Mais j'ai décroché face à la lourdeur de l'aspect scientifique et mathématique, un aspect qui, pour moi, prenait trop de place. Un aspect qui, au final, était l'histoire, et non pas la destinée de l'humanité. Or, les tribulations existentielles d'un extrapolateur de dimensions, ça ne me touche pas tant que ça.
Des siècles dans le futur, l'humanité est divisée en trois groupes: les êtres de chairs et de sang, les personnalités implantées dans des androïdes et les personnalités implantées dans des polis, ces complexes informatiques enterrés des kilomètres sous la surface de la Terre. Dans ces polis, certaines personnalités sont créées par le système lui-même. Yatima est un de ces 'orphelins'.
Au cours d'une excursion parmi les hommes de chair - eux-mêmes divisés en différentes 'races' suite à des modifications génétiques plus ou moins radicales -, il se lie d'amitié avec certains de ces humains, qui forment une communauté ayant pour but de faire le 'pont' entre les différentes races.
Cependant, les répercussions d'une catastrophe au confins de la galaxie menace toute vie sur Terre. Yatima tente de convaincre les hommes de chair de faire le saut vers les polis, mais tous ne sont pas prêts à abandonner leur choix de vie et plusieurs croient à une manipulation.
Une fois la Terre rasée de toute vie, à l'exception des polis profondément enterrée, plusieurs personnalités élaborent un ambitieux projet de diaspora à travers l'univers, à la recherche d'un endroit sûr qui permettra la pérennité de l'humanité. En chemin, ils exhumeront les signes de l'existence d'autres êtres ayant, avant eux, passé d'êtres de chair à êtres numériques, et qui avaient prédit la catastrophe qui avait rasé la Terre. Ils ont aussi prédit une nouvelle catastrophe avec le potentiel de rayé la galaxie entière.
Commentaires
Lecture complexe, histoire foisonnante d'idées, Diaspora n'est pas à lire à la légère.
L'univers créé par Egan est complexe, en commençant par les polis et leurs habitants, qui sont au coeur du récit. Cependant, tout l'univers conjoint est aussi complexe, mais peu exploité en soi. On en vient à souhaiter qu'il développe davantage sur les relations entre les races des hommes de chair et sur les androïdes.
Les personnages principaux, des entités des polis, sont décrites et développées en opposition avec les hommes de chair, donc le lecteur lui-même. Tous les liens avec le corps d'origine, avec les émotions et les rituels issus des nécessités corporelles sont mal vus ou vécus comme étrangers. Yatima, le personnage principal, possède une pensée d'abord mathématique, qui s'accomplit dans les jeux théoriques.
Au cours des premiers chapitres, alors qu'on assiste à la naissance numérique de Yatima et à son développement, le récit est noyé sous les détails techniques, technologiques, scientifiques. Dans les chapitres où il y a contact avec les humains de chair, on revient en terrain connu, il est plus facile de s'orienter, et même de comprendre les entités entièrement numériques, par rapport à cette humanité qui nous est plus familière. Cependant, avec leur éradication, l'histoire se poursuit dans un univers uniquement virtuel. Même si les entités visitent des lieux physiques, ils perçoivent tout à travers de l'équipement. Leur dépendance vis-à-vis de la technologie m'a donné le vertige. Je me suis aussi beaucoup demandé, au bout du compte, s'il y a un pépin, comment ils faisaient pour réparer, coincés qu'ils étaient dans leurs gigantesques complexes informatiques.
On pourrait bien sûr argumenter que les perceptions humaines ne sont pas si différentes du traitement des signaux fait par les ordinateurs.
Ensuite, il y a la poursuite de ces Transmuteurs. Le roman se sépare en vingt chapitres, regroupés en huit sections. Au début de chaque section, il y a une petite introduction mettant en scène Yatima et qui parle de la poursuite des Transmuteurs. Cependant, à aucun moment dans les chapitres eux-mêmes nous n'assistons à la découverte des Transmuteurs, ou à l'exercice de déduction ayant mené à l'hypothèse de leur existence. C'est plutôt déroutant.
Finalement, la migration se poursuit d'étoile en étoile, puis d'univers parallèle en univers parallèle, et c'est là où mon imagination a lâché. Parce que je n'ai pas pu concevoir ces univers à 8+1 dimensions, avec ce nord à angle droit dans une nouvelle dimension de mon plan vertical... Non. J'ai compris le but d'un certain chapitre, là où Yatima résout des exercices théoriques pour mettre à plat des formes étranges. Si encore ce n'était qu'une façon de faire exotique, mais le coeur même du propos est ce contraste de dimensions.
Tout ça pour revenir au point de départ. Au-delà des Transmuteurs et des êtres supérieurs aux Transmuteurs. Au-delà de millions d'années inconcevables. Le vertige je vous dis.
Des idées, il y en avait plein ce roman. Des belles, des bonnes. Techniques ou humaines. Mais j'ai décroché face à la lourdeur de l'aspect scientifique et mathématique, un aspect qui, pour moi, prenait trop de place. Un aspect qui, au final, était l'histoire, et non pas la destinée de l'humanité. Or, les tribulations existentielles d'un extrapolateur de dimensions, ça ne me touche pas tant que ça.
24 févr. 2013
Dune: souvenirs et relecture
Voilà!
Ça faisait un bon bout de temps que je promettais de relire Dune. Avant, je ne relisais jamais, mais depuis peu, j'ai décidé de relire certaines œuvres, lues durant mon adolescence.
J'ai lu Dune vers quinze ans, parce que l'édition à ma bibliothèque municipale était un livre à la brillante couverture argent. Je ne me souviens pas si j'ai vu le film avant ou après. Peut-être ai-je aperçu quelques extraits avant, j'en ai retenu des images très vives.
Pour ce qui est du livre, j'ai surtout été marquée par le moment où Paul développe ses facultés de perception du futur, en particulier parce que je n'avais rien compris. Le tout est resté dans ma mémoire comme un grand moment de confusion. Ensuite, j'ai du mal à distinguer ce qui appartient à quel livre de la série originale. Je n'ai pas une très bonne mémoire de ce que je lis, voilà pourquoi j'ai décidé de relire certains livres.
À cette nouvelle lecture, j'ai été frappée de constater que le duc Leto meurt beaucoup plus tard que je ne me rappelais. Aussi, je ne me souvenais pas beaucoup de toute l'intrigue politique, ni des allusions religieuses. Pourquoi ce livre m'avait-il à ce point marqué si je m'en souvenais si peu, si incorrectement? Pour compenser, j'ai dû mettre une dizaine de petits papiers dans le livre pour me rappeler les endroits où il y a de bonnes citations. Pourtant, je ne suis pas une maniaque de citations. Je trouve que balancer des phrases hors contexte juste pour pavaner, c'est le comble du snobisme. En même temps, je voudrais que des phrases restent dans ma tête à jamais, à cause de leur pouvoir, du sens qu'elles donnent au monde, de la force qu'elles peuvent nous donner. Je m'égare.
Pour finir, je trouve drôle de relire ce classique situé sur une planète désertique alors que j'essaye de terminer mon propre roman dont les protagonistes sont originaires d'une région désertique. Ça m'a fait penser à un tas d'éléments à revoir.
Ça faisait un bon bout de temps que je promettais de relire Dune. Avant, je ne relisais jamais, mais depuis peu, j'ai décidé de relire certaines œuvres, lues durant mon adolescence.
J'ai lu Dune vers quinze ans, parce que l'édition à ma bibliothèque municipale était un livre à la brillante couverture argent. Je ne me souviens pas si j'ai vu le film avant ou après. Peut-être ai-je aperçu quelques extraits avant, j'en ai retenu des images très vives.
Pour ce qui est du livre, j'ai surtout été marquée par le moment où Paul développe ses facultés de perception du futur, en particulier parce que je n'avais rien compris. Le tout est resté dans ma mémoire comme un grand moment de confusion. Ensuite, j'ai du mal à distinguer ce qui appartient à quel livre de la série originale. Je n'ai pas une très bonne mémoire de ce que je lis, voilà pourquoi j'ai décidé de relire certains livres.
À cette nouvelle lecture, j'ai été frappée de constater que le duc Leto meurt beaucoup plus tard que je ne me rappelais. Aussi, je ne me souvenais pas beaucoup de toute l'intrigue politique, ni des allusions religieuses. Pourquoi ce livre m'avait-il à ce point marqué si je m'en souvenais si peu, si incorrectement? Pour compenser, j'ai dû mettre une dizaine de petits papiers dans le livre pour me rappeler les endroits où il y a de bonnes citations. Pourtant, je ne suis pas une maniaque de citations. Je trouve que balancer des phrases hors contexte juste pour pavaner, c'est le comble du snobisme. En même temps, je voudrais que des phrases restent dans ma tête à jamais, à cause de leur pouvoir, du sens qu'elles donnent au monde, de la force qu'elles peuvent nous donner. Je m'égare.
Pour finir, je trouve drôle de relire ce classique situé sur une planète désertique alors que j'essaye de terminer mon propre roman dont les protagonistes sont originaires d'une région désertique. Ça m'a fait penser à un tas d'éléments à revoir.
7 févr. 2013
"La Stratégie Ender" de Orson Scott Card (1985)
Résumé
Dans un monde situé un ou deux siècles dans le futur, l'humanité a conquis l'espace, mais la population de la Terre est étroitement contrôlée. Les êtres humains ont rencontré une seule race extra-terrestre, les Doryphores, contre qui ils ont gagné deux guerres. Leur dernière victoire, cinquante ans plus tôt, fut acquise de justesse et depuis, ils vivent dans la hantise d'un retour de leurs ennemis.
Dans ce contexte, la branche militaire du gouvernement a créé une école pour des enfants surdoués afin d'entraîner des officiers hors pairs. Après avoir rejeté les deux premiers enfants d'un couple, les dirigeants de l'école ont permis aux parents de concevoir un troisième enfant, Andrew, surnommé Ender.
Extrait de sa famille et envoyé à l'école militaire, il subira l'entraînement, rendu plus ardu par Graff, le commandant en charge de l'école. Pour Ender, Graff déroge au parcours habituel, transgresse toutes les règles pour placer l'enfant face à des situations impossibles, dans l'espoir de faire du garçon le commandant de la flotte. Il devient urgent de trouver ce nouveau commandant, car la flotte est partie pour aller attaquer les Doryphores sur leur terrain. Le prodige recherché par l'armée pourra communiquer avec sa flotte par le biais de l'ansible, une technologie de communication directe qui fait fi de la physique relativiste.
Commentaire
Avec une prémisse plutôt militaire, ce roman m'a surpris par sa profondeur psychologique et ses personnages nuancés. L'évolution d'Ender, suivie sur une douzaine d'années, raconté du point de vue du protagoniste, est sans compromis, cruel et déchirant. L'auteur développe un personnage avec ses sensibilités, mais aussi ses noirceurs. En introduction de chaque chapitre,'un extrait de conversation entre Graff et un de ses supérieurs ou subordonnés nous met en lumière ce second personnage, le marionnettiste qui, de tout noir, se teinte peu à peu de gris.
Au contraire, les Doryphores sont peu décrits, montrés comme des gros méchants. Si c'est agaçant au début, on découvre qu'un tel traitement est voulu, et renforce le narrateur aligné puisque l'information est mise au secret par les militaires.
Un des aspects qui ressort de ce livre concerne les batailles entre équipes d'étudiants, qui se livrent en apesanteur. L'inventivité dans les tactiques et leurs descriptions à la fois claires et en mouvement créent un rythme et une atmosphère de réelle compétition et d'étrangeté. Comme ces batailles sont les points forts de la formation et un élément clé du développement d'Ender, leur maîtrise par l'auteur était primordiale.
La technologie de l'ansible, par contre, sert un peu d'élément magique. Aussi, le punch de l'examen final est un peu évident. Peut-être était-ce plus innovateur à l'époque, mais depuis, l'idée a été reprise à plusieurs occasions.
Enfin, j'ai deux bémols à émettre.
D'abord, dans les introductions mettant Graff en scène, l'attribution des différentes interventions dans les dialogues n'est pas toujours claire. On se demande plusieurs fois qui a dit quoi, ce qui est dommage, car ces extraits sont brefs et les répliques servent à définir les personnages dans un contexte différent, à leur donner de la profondeur. J'avoue que pour une rare fois dans ma vie, je me demande - sans savoir ce qui me pousse à le faire - si la traduction n'est pas en cause.
Ensuite, je ne sais que penser des interludes mettant en scène la soeur et le frère d'Ender. Ce sont des personnages primordiaux pour comprendre la psychologie d'Ender. Cependant, bien que leurs manigances politiques aient une influence sur les autorités militaires et un peu le cours des événements, je ne suis pas certaine de la pertinence que ce soit eux qui soient au coeur de ces intrigues politiques. Ça devient un peu trop une histoire de famille.
En résumé, c'est un excellent livre: l'histoire et le rythme sont prenant, les personnages sont nuancés et connaissent d'intéressantes évolutions, le monde est bien placé, avec quelques éléments parlant, sans que l'auteur s'épanche sur des descriptions et des mises en place. Une lecture fortement recommandée.
Qui a une suite. Des éléments sont semés dans le livre, des éléments qui paraissent étranges dans l'histoire présente, mais auxquels on peut deviner un sens dans le contexte d'un premier volet.
Lecture prochaine.
Dans un monde situé un ou deux siècles dans le futur, l'humanité a conquis l'espace, mais la population de la Terre est étroitement contrôlée. Les êtres humains ont rencontré une seule race extra-terrestre, les Doryphores, contre qui ils ont gagné deux guerres. Leur dernière victoire, cinquante ans plus tôt, fut acquise de justesse et depuis, ils vivent dans la hantise d'un retour de leurs ennemis.
Dans ce contexte, la branche militaire du gouvernement a créé une école pour des enfants surdoués afin d'entraîner des officiers hors pairs. Après avoir rejeté les deux premiers enfants d'un couple, les dirigeants de l'école ont permis aux parents de concevoir un troisième enfant, Andrew, surnommé Ender.
Extrait de sa famille et envoyé à l'école militaire, il subira l'entraînement, rendu plus ardu par Graff, le commandant en charge de l'école. Pour Ender, Graff déroge au parcours habituel, transgresse toutes les règles pour placer l'enfant face à des situations impossibles, dans l'espoir de faire du garçon le commandant de la flotte. Il devient urgent de trouver ce nouveau commandant, car la flotte est partie pour aller attaquer les Doryphores sur leur terrain. Le prodige recherché par l'armée pourra communiquer avec sa flotte par le biais de l'ansible, une technologie de communication directe qui fait fi de la physique relativiste.
Commentaire
Avec une prémisse plutôt militaire, ce roman m'a surpris par sa profondeur psychologique et ses personnages nuancés. L'évolution d'Ender, suivie sur une douzaine d'années, raconté du point de vue du protagoniste, est sans compromis, cruel et déchirant. L'auteur développe un personnage avec ses sensibilités, mais aussi ses noirceurs. En introduction de chaque chapitre,'un extrait de conversation entre Graff et un de ses supérieurs ou subordonnés nous met en lumière ce second personnage, le marionnettiste qui, de tout noir, se teinte peu à peu de gris.
Au contraire, les Doryphores sont peu décrits, montrés comme des gros méchants. Si c'est agaçant au début, on découvre qu'un tel traitement est voulu, et renforce le narrateur aligné puisque l'information est mise au secret par les militaires.
Un des aspects qui ressort de ce livre concerne les batailles entre équipes d'étudiants, qui se livrent en apesanteur. L'inventivité dans les tactiques et leurs descriptions à la fois claires et en mouvement créent un rythme et une atmosphère de réelle compétition et d'étrangeté. Comme ces batailles sont les points forts de la formation et un élément clé du développement d'Ender, leur maîtrise par l'auteur était primordiale.
La technologie de l'ansible, par contre, sert un peu d'élément magique. Aussi, le punch de l'examen final est un peu évident. Peut-être était-ce plus innovateur à l'époque, mais depuis, l'idée a été reprise à plusieurs occasions.
Enfin, j'ai deux bémols à émettre.
D'abord, dans les introductions mettant Graff en scène, l'attribution des différentes interventions dans les dialogues n'est pas toujours claire. On se demande plusieurs fois qui a dit quoi, ce qui est dommage, car ces extraits sont brefs et les répliques servent à définir les personnages dans un contexte différent, à leur donner de la profondeur. J'avoue que pour une rare fois dans ma vie, je me demande - sans savoir ce qui me pousse à le faire - si la traduction n'est pas en cause.
Ensuite, je ne sais que penser des interludes mettant en scène la soeur et le frère d'Ender. Ce sont des personnages primordiaux pour comprendre la psychologie d'Ender. Cependant, bien que leurs manigances politiques aient une influence sur les autorités militaires et un peu le cours des événements, je ne suis pas certaine de la pertinence que ce soit eux qui soient au coeur de ces intrigues politiques. Ça devient un peu trop une histoire de famille.
En résumé, c'est un excellent livre: l'histoire et le rythme sont prenant, les personnages sont nuancés et connaissent d'intéressantes évolutions, le monde est bien placé, avec quelques éléments parlant, sans que l'auteur s'épanche sur des descriptions et des mises en place. Une lecture fortement recommandée.
Qui a une suite. Des éléments sont semés dans le livre, des éléments qui paraissent étranges dans l'histoire présente, mais auxquels on peut deviner un sens dans le contexte d'un premier volet.
Lecture prochaine.
26 janv. 2013
De la nécessité de se fixer un but (ou deux, mais pas dix-huit)
Il est si facile d'avoir des idées pour des débuts d'histoire. J'avais l'habitude d'en remplir des cahiers (en faite, mes agendas du secondaire).
Finir une histoire par contre, ça c'était plus rare. J'ai réussi, une fois, un roman pas très bon, pas de seconde écriture, évidemment refusé par la maison d'édition à qui je l'avais envoyé.
Et puis je me suis éparpillée dans mille projets, sans jamais choisir, sans jamais consacré suffisamment de temps à l'un d'entre eux pour le terminer.
J'ai encore un peu ce problème. Cet éparpillement me rend aussi vulnérable à la procrastination, que j'essaie de combattre en faisant des listes - mais ça, j'y reviendrai un autre jour. Bref, je manque de "focus", de concentration, d'une direction claire. Évidemment, avoir une direction claire implique des choix, implique d'écarter des choses. Mais au moins, j'arriverai enfin à TERMINER quelque chose.
Des fois, je procrastine parce que je sens que quand j'aurai "terminé", il me faudra tout recommencer avec cette histoire. Ça m'est déjà arrivé, et je n'ai pas recommencé d'une façon assez différente, alors j'ai travaillé pour rien (ok, on ne travaille jamais vraiment pour rien, mais le sentiment demeure). Ou encore que ce ne sera que le début des réécritures. Ou que ce sera refusé, donc que j'aurai - encore une fois - travaillé pour rien (et je reprends ici ma parenthèse précédente).
Surtout, je dois cesser de me poser les milles questions à chaque fois que je m'installe pour écrire.
Alors voilà: j'ai décidé de me faire une liste, mais courte, des projets sur lesquels travailler, avec des priorités. Il y en a cinq. C'est déjà pas mal, mais disons que seuls les trois premiers ont leur priorité coulée dans le béton. Après, on verra si c'est toujours d'actualité. Pas de question, pas de choix à faire. Je m'installe pour écrire, je sais sur quoi. Ça ne veut pas dire que je musèle l'inspiration de nouvelles idées: elles iront dans un petit cahier, mises en animation suspendue jusqu'à ce que je sois rendue à une de ces périodes où je me demanderai sur quoi travailler ensuite. Plus de distractions non plus, de "je vais travailler un peu cette histoire-là pour sortir de cette autre 2-3 semaines" pour se rendre compte que ça fait plus de six mois qu'on n'a pas touché à la première histoire, dont on s'était dit qu'on ferait 4 chapitres dans l'année!!! (Oui, j'suis un peu fâchée contre moi là, quand j'y repense.)
On verra si ça marche.
PS: Bon, ce billet manque un peu de structure. J'ai de la difficulté avec les billets réflexifs, je saute facilement du coq au Dalek. Encore une fois: Josée, arrête de te poser trop de questions!
Finir une histoire par contre, ça c'était plus rare. J'ai réussi, une fois, un roman pas très bon, pas de seconde écriture, évidemment refusé par la maison d'édition à qui je l'avais envoyé.
Et puis je me suis éparpillée dans mille projets, sans jamais choisir, sans jamais consacré suffisamment de temps à l'un d'entre eux pour le terminer.
J'ai encore un peu ce problème. Cet éparpillement me rend aussi vulnérable à la procrastination, que j'essaie de combattre en faisant des listes - mais ça, j'y reviendrai un autre jour. Bref, je manque de "focus", de concentration, d'une direction claire. Évidemment, avoir une direction claire implique des choix, implique d'écarter des choses. Mais au moins, j'arriverai enfin à TERMINER quelque chose.
Des fois, je procrastine parce que je sens que quand j'aurai "terminé", il me faudra tout recommencer avec cette histoire. Ça m'est déjà arrivé, et je n'ai pas recommencé d'une façon assez différente, alors j'ai travaillé pour rien (ok, on ne travaille jamais vraiment pour rien, mais le sentiment demeure). Ou encore que ce ne sera que le début des réécritures. Ou que ce sera refusé, donc que j'aurai - encore une fois - travaillé pour rien (et je reprends ici ma parenthèse précédente).
Surtout, je dois cesser de me poser les milles questions à chaque fois que je m'installe pour écrire.
Alors voilà: j'ai décidé de me faire une liste, mais courte, des projets sur lesquels travailler, avec des priorités. Il y en a cinq. C'est déjà pas mal, mais disons que seuls les trois premiers ont leur priorité coulée dans le béton. Après, on verra si c'est toujours d'actualité. Pas de question, pas de choix à faire. Je m'installe pour écrire, je sais sur quoi. Ça ne veut pas dire que je musèle l'inspiration de nouvelles idées: elles iront dans un petit cahier, mises en animation suspendue jusqu'à ce que je sois rendue à une de ces périodes où je me demanderai sur quoi travailler ensuite. Plus de distractions non plus, de "je vais travailler un peu cette histoire-là pour sortir de cette autre 2-3 semaines" pour se rendre compte que ça fait plus de six mois qu'on n'a pas touché à la première histoire, dont on s'était dit qu'on ferait 4 chapitres dans l'année!!! (Oui, j'suis un peu fâchée contre moi là, quand j'y repense.)
On verra si ça marche.
PS: Bon, ce billet manque un peu de structure. J'ai de la difficulté avec les billets réflexifs, je saute facilement du coq au Dalek. Encore une fois: Josée, arrête de te poser trop de questions!
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