17 sept. 2011

Solaris 179 - Été 2011

J'ai terminé ma lecture du numéro 179 de Solaris.
Pour tout vous avouer, c'est la première fois que je tente de faire un résumé critique d'une revue et de nouvelles.

D'abord, notons que deux des  neufs fictions de ce numéro, celui d'Élisabeth Vonarburg et un des deux textes de Pascale Raud, ont été composés  pendant l'exercice d'écriture sur place du Congrès Boréal 2011. La thématique de l'envol a donné lieu chez ces auteures à deux textes réflexifs empreints d'un certain fatalisme. Pour Envol de Vonarburg, nous assistons aux derniers instants d'un astronaute dont l'issue de sa mission a toujours été la mort. Cependant, des complications lui ont fait rater son objectif, le Soleil, et sur son retour, de nouvelles avaries l'empêchent de se poser sur la Terre. Tout en douceur, c'est un texte sur les rêves, l'ambition, le bonheur. Ni hier, ni aujourd'hui de Raud aborde le thème de la liberté sur fond de monde post-apocalyptique, où humains et oiseaux meurent sans raison apparente, sans avertissement. Les petits détails nous ébauchent un protagoniste sensible, dont l'espoir ne tient qu'à un fil, rompu en fin de texte. Un beau texte dont les répétitions du titre agacent un peu, mais rappelons-nous qu'il s'agit d'un texte pondu en un cours laps de temps, sans possibilité de révision! Ces deux histoires sont douces et agréables à lire tout en apportant un élément de réflexion.

La pire histoire de Frédéric Raymond m'a attrapée et je l'ai lue, cette pire histoire, en la savourant. Si j'ai eu une petite difficulté, en début de texte, à comprendre la relation entre Jeffrey et cette maison du Bas-St-Laurent (maison d'enfance, ancestrale, d'été?), j'ai par contre suivi sans problème les allers-retours entre le présent et les flashbacks, en autre grâce à l'opposition des saisons. J'ai embarqué dans cette étrange relation entre Jeffrey et Sarah. On sait que sa destinée fut tragique, mais on veut savoir en quoi elle a consisté. La réponse nous surprend, mais encore plus la véritable fin. J'ai aimé du début à la fin.

Une bonne idée de Pascale Raud m'a laissée perplexe. Le protagoniste, qui choisit de demeurer simple spectateur face au carnage qu'effectue une bête à l'origine inconnue, n'est pas très sympathique, ni antipathique. Il m'est indifférent, tout comme il est lui-même indifférent au sort des autres, il ne sort pas de sa bulle, de sa zone de confort. L'histoire nous offre une métaphore de repli sur soi et sa cellule familiale directe, de perte du sentiment de communauté. Son goût est amer. La qualité de l'écriture, quant à elle, est excellente.

J'avais déjà lu une version préliminaire de Le scalpel de Louis Auger.  Il s'agit de l'histoire touchante d'un garçon qui perd sa mère, et dont l'élément fantastique est à la frontière de la poésie. Cependant, quelques descriptions, utilisations de mots m'ont dérangées et l'apparition du père, à la fin, est un peu gâchée, je trouve par la première phrase qu'il dit, que je continue de trouver incongrue. Mais ces très peu nombreux accrocs ne suffisent pas à entacher la qualité de ce texte qui traite d'un sujet délicat avec originalité.

Dans Tharsis de Prune Mateo, un homme s'exile sur une planète éloignée pour pouvoir continuer à exercer sa profession. Les habitants ont comme étrange coutume de devoir converser avec leurs voisins de pallier à tous les matins, mais l'homme ne comprend pas très bien les règles qui régissent ces échanges, jusqu'à ce qu'il rencontre sa voisine en-dehors de ces conditions. Ce rituel sert à détecter si les gens sont atteints d'un curieux mal qui leur fait perdre leur sens du temps. Le noeud de l'intrigue est très intéressant et original, mais je trouve qu'il est mal amené, car il semble entouré d'un tabou. Le protagoniste, nouvel arrivant, n'est pas du tout informé de ce rituel - qui est plus qu'une coutume, mais semble une obligation quasi légale - ce qui lui enlève de son importance, on ne sent pas la pression et on comprend mal la voisine. L'action de la fin est bien menée, mais c'est principalement dans l'exposition, l'explication du monde, qu'il y a lacune. 

Dans Mon journal durant la drôle de crise 2, de Jean-Pierre Laigle, nous retrouvons les réflexions du vieil écrivain de la première partie, publiée deux numéros plus tôt, qui a survécu à ses ennuis de santé. Les commentaires sur la vie de tous les jours et les causes des tracas quotidiens nous dépeignent un monde miné par les actions présentes et caractérisent le personnage principal, perspicace et blasé. Par contre, lorsque le protagoniste récite l'évolution des différentes situations politiques, je décroche. L'effet est trop "catalogue", mais les projections sont intéressantes.

Scène de crime d'Yves-Daniel Crouzet nous emmène sur les lieux d'un crime sanglant, horrible, où le corps a été projeté partout en une multitude de particules. Lopez, le commissaire divisionnaire, un policier désillusionné, est quand même impressionné par cette scène, mais surtout par le cran du lieutenant Verbeck, seule à avoir passé le seuil de la porte.Voilà que Verbeck se met à délirer sur le mal et Lopez se voit obliger d'agir, d'entrer dans cette pièce qui se referme sur eux, comme pour les écraser, les dévorer. Les personnages me sont apparus un peu cliché au premier regard, tout comme certaines réflexions. Par contre, il y a un bon petit pied de nez à la fin.

Rêves de vermillon: l'oeuvre intrégrale de Bram Jameson de Claude Lalumière est incontestablement originale. Voilà résumés une douzaine de livres d'un auteur fictif. Si, au début, seuls quelques éléments sèment le doute sur l'existence réelle de l'écrivain, ces éléments se multiplient alors qu'on fait référence à des gens connus, et surtout à un lieu qui, au début, nous semble issu de l'imaginaire de l'auteur, mais dont on apprend que l'auteur fictif lui-même y aurait habité. À cela s'ajoute l'apparent style d'écriture très particulier de l'écrivain fictif et, en finale, les déraillements de notre narrateur-résumeur. Originale, oui, mais la forme de cette nouvelle rend la lecture un peu laborieuse et joue avec notre intérêt.

Voilà donc un numéro de Solaris plein de nouvelles de différents styles et genres, un ensemble hétéroclite qui se lit très bien.

24 août 2011

Lecture: Jonathan Strange & Mr Norrell

Voilà, ma première lecture partagée avec vous.

Résumé

Au début du 19ème siècle, alors que l’Angleterre est en guerre contre Napoléon, la magie n’est plus qu’un sujet dont on étudie l’histoire. Plus personne ne la pratique. Du moins, jusqu’à ce qu’un vieil érudit reclus dans sa bibliothèque, Mr Norrell, clame ne pas être uniquement un théoricien. Après avoir démontré une première fois la véracité de ses dires, il décide de redorer le blason de la magie anglaise, entre autres en offrant ses services au Parlement anglais dans sa lutte contre les armées napoléoniennes. Peu de temps après, un jeune homme, Jonathan Strange, décide de devenir magicien après une étrange rencontre. Il deviendra l’élève de Norrell, qui exerce un contrôle et une censure sur toute la connaissance en magie. Strange se détachera peu à peu de son maître jusqu’à se placer en opposition de sa dictature sur la profession, s’intéressant aux domaines de la magie à propos desquels Norrell refuse de porter une quelconque importance.

Critique

Ce roman, véritable pavé avec ses 1000 pages (en format poche), se lit aisément. Pourtant, l’action se déroule plutôt lentement. Le ton général relève plus de la chronique que du roman d’aventure ou de magie. Les événements, qui se déroulent au début du 19ème siècle sur une période d’une bonne dizaine d’années, sont relatés dans le style d’écriture de l’époque, avec une attention particulière portée sur le statut des gens et leurs relations. S’ajoute un sarcasme bien dosé et imagé qui se fond parfaitement dans style.

Par contre, le narrateur semble instable, parfois aligné, parfois omniscient, parfois observateur - qui s’adresse à quelques reprises au lecteur ou parle en « je ». Ces interventions, qui occurrent dans la première moitié du livre, m’ont fait décroché. De plus, il y aurait eu des façons – façons d’ailleurs utilisées dans des contextes similaires dans le livre, où le narrateur veut impliquer son lecteur qu’il assume être de son époque – d’exprimer le propos sans avoir recours à ce « je » qui brise le flot.

Les personnages sont très bien définis, avec leurs motifs, leurs défauts, leur voix unique. Chacun a son importance dans ces événements complexes dont les trames se recoupent de plus en plus. Les détails entourant l’histoire « magique » de l’Angleterre sont très fouillés, élaborés et les notes en bas de page, a priori inutiles, apportent ce surplus de chair qui donne une véracité au récit.

J’ai cependant deux réserves.

D’abord, le système magique est bien défini avec ses références à des écrits et des érudits ainsi que ses sorts. Pour obtenir un certain effet, les protagonistes peuvent même choisir entre les sorts de différents magiciens, les mélanger, comme on mélange les méthodes, les théories, les recettes. Par contre, certains éléments théoriques n’arrivent qu’à la fin, sans autre référence préalable, alors que ça aurait pu ajouter à notre perception de cette magie si nous avions su plus tôt, comme lorsque Strange apprenait la magie. De plus, à l’exception de quelques sorts récurrents, nous voyons rarement les magiciens en train de faire la magie elle-même.

Ensuite, le récit s’arrête sur une suspension, comme s’il n’était pas tout à fait fini. Avec le mystère du Raven King à demi éclairci. Tout apparaît comme un peu inachevé, parce que les intrigues se résolvent sur des propos qui relancent les questions.

Ce ne sont que de bien faibles réserves. J’ai adoré lire Jonathan Strange & Mr Norrell entre autres à cause du rythme plus lent. Aussi parce que la plume est imagée, que l’ambiance de début 19ème est constante et que les personnages sont tout simplement savoureux et attachants.

Lu en : Juin-Août 2011

18 août 2011

200 mots par jour

C'est mon nouvel objectif.
De la micro-rédaction, comme l'appelle un de mes amis.

Ce printemps, je m'étais donné comme nombre magique d'écrire 500 mots par jour. C'était la première fois que je décidais d'un objectif en nombre de mots plutôt qu'en temps. J'ai découvert que ça me convenait beaucoup mieux. Un objectif de temps me stresse trop, je regarde tout le temps l'heure, c'est comme être au boulot. Alors je ne travaille pas vraiment et je laisse le temps passer. Les mots, c'est plus difficile d'y échapper. C'est aussi plus flexible! Avec un bambin à la maison, je ne suis pas vraiment maître de mon temps. Il n'attendra pas une demi-heure que je finisse ma plage horaire pour boire!

L'arrivée de mon bébé et mon retour au travail font que je me suis donné un objectif un peu plus réduit. Peut-être y aura-t-il des jours où je ferai 500 mots. L'important, c'est d'atteindre ce premier pallier de 200. Ça aide à écrire un peu à tous les jours et c'est alors plus facile de rester dans le monde, on perd moins de temps à se relire pour se remettre dedans.

Pour l'instant, en 4 jours, j'ai atteint mon objectif 3 fois.

17 août 2011

Venez prendre le thé!

Bienvenue sur mon blog!

Sur cette page, je souhaite partager avec vous mes lectures, mes péripéties d'auteure, mes réflexions et mes questions sur le métier d'écrivain, sur la littérature de genre (science-fiction, fantasy, fantastique), sur le monde qui nous entoure et nourrit notre imagination.

Peut-être partagerai-je quelques écrits, je ne sais pas encore.

Sentez-vous donc à l'aise de prendre le temps de lire et de partager, tout en prenant un bon thé! (ou café ou chocolat chaud ou diabolo à la menthe, si on est en été).